(Québec) Les jeunes péquistes veulent que le prochain chef du Parti québécois (PQ) s’engage pour le long terme, même à la suite de défaites. L’environnement doit être au cœur de ses priorités, disent-ils, alors qu’il faut tourner la page sur « la question réglée » de la laïcité.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

La présidente sortante du Conseil national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), Frédérique St-Jean, ne cache pas son enthousiasme. « Qui aurait pu prédire, un an presque jour pour jour après le départ de Catherine Fournier, qu’on aurait la course la plus intéressante de tous les partis ? », dit-elle.

Le CNJPQ tient samedi et dimanche son congrès national à Montréal. Ce sera aussi l’occasion pour les aspirants chefs, un peu plus d’un mois avant le premier débat dans la course à la direction du parti, de s’adresser aux militants.

« Notre message aux chefs, c’est : voyez grand et inspirez-nous », dit Mme St-Jean.

« Ça se peut qu’il y ait des défaites sur le chemin qui nous ramènera au pouvoir et vers l’indépendance. C’est essentiel que le prochain chef soit résilient et qu’il ne baisse pas les bras à la première occasion », ajoute-t-elle.

En matière de laïcité, le Parti québécois a présenté plusieurs propositions ces dernières années, dont la défunte charte des valeurs du bref mandat au gouvernement sous Pauline Marois. Avec la Loi sur la laïcité de l’État, qui a été adoptée par la Coalition avenir Québec, « on a le bénéfice d’avoir une question qui est désormais réglée », estime la présidente des jeunes péquistes.

« Bien entendu, l’enjeu va rester sur la place publique, mais je pense que les Québécois sont satisfaits de ce qui est en place. Passons à un autre appel », affirme-t-elle, alors que certains dans la course proposent de relancer le débat pour étendre le champ d’application de la loi.

En matière d’immigration, Frédérique St-Jean évite la guerre des chiffres. Pas question pour elle de chiffrer le nombre d’immigrants que le Québec devrait recevoir, mais elle lance un avertissement aux aspirants chefs : « Ne tombons pas dans des stratégies électoralistes en misant sur l’intolérance pour faire des gains. »

« C’est légitime de parler d’immigration, mais c’est la façon dont on parle de ces humains-là qui est importante. Ils choisissent le Québec, ils habitent le Québec, il faut débattre avec respect et de façon intelligente », dit-elle.

Priorité à l’environnement

Au dernier jour de son mandat, Frédérique St-Jean fait le constat que trop de jeunes se sentent « orphelins politiques ». Elle souhaite que le prochain chef s’occupe d’enjeux pressants, comme la lutte contre les changements climatiques.

« Il ne faut plus faire de compromis sur cette question. On va vivre demain avec l’inaction d’aujourd’hui. C’est essentiel que le prochain chef propose des idées solides », explique la jeune présidente.

Pour l’instant, l’humoriste Guy Nantel, le député Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’enseignant Frédéric Bastien et l’homme d’affaires Laurent Vézina ont annoncé qu’ils se lançaient dans la course à la direction du PQ.

Dans la course aux dons, selon les données rendues disponibles par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), Sylvain Gaudreault était, au moment de publier, le candidat qui avait récolté la plus haute somme, soit 31 965 $, suivi de Paul St-Pierre Plamondon à 28 879 $. Il s’agit aussi des deux candidats qui ont annoncé leurs intentions depuis le plus longtemps. Guy Nantel a pour l’instant récolté 9360 $ et Frédéric Bastien, 17 121 $.

Ces données changent tous les jours et il y a un écart entre les chiffres publiés sur le web par le DGEQ et ceux que les équipes des candidats comptabilisent. L’équipe de Paul St-Pierre Plamondon nous a par exemple affirmé vendredi avoir amassé plus de 33 000 $ à ce jour. Il existe un délai avant que la mise à jour soit faite sur le site du DGEQ, et ce, pour tous les candidats.