(Ottawa) John Baird envisage de se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur.

La Presse canadienne

L’ancien ministre de Stephen Harper l’a confirmé dimanche lors de l’émission « The West Block » du réseau Global. M. Baird a dit être à l’écoute de ceux qui veulent lui en parler et il évalue ses chances.

Plusieurs grands noms du Parti conservateur, insatisfaits par les candidats déclarés, l’encouragent à tenter sa chance.

Les encouragements vers M. Baird se sont intensifiés depuis les premières difficultés éprouvées par son ancien collègue Peter MacKay, considéré à l’heure actuelle comme le favori de la course.

M. Baird dit vouloir contribuer à l’élaboration d’un « véritable programme bleu » pouvant plaire à tous les électeurs du pays.

La semaine dernière, Jason Kenney a raconté qu’il avait discuté de la question avec lui. Selon le premier ministre de l’Alberta, John Baird serait un « candidat très convaincant ». Il a notamment salué ses principes conservateurs, son bilinguisme et son expérience.

« Évidemment que j’apprécie les commentaires du premier ministre Kenney, a reconnu John Baird à l’animatrice Mercedes Stephenson. J’écoute, je pèse mes options, mais je n’ai pris aucune décision encore. Je n’exclus rien, même s’il se fait tard pour se lancer dans la course. Alors, prenons un jour à la fois. »

Les candidats à la course à la succession d’Andrew Scheer ont jusqu’au 27 février pour déposer 1000 signatures de membres du parti et 25 000 $. Ils devront ensuite recueillir 3000 signatures et verser 200 000 $.

John Baird présidait la campagne de Pierre Poilievre qui s’est retiré de la course, le mois dernier.

À la demande de M. Scheer, il s’était lancé dans le bilan de la campagne électorale de l’automne dernier afin de comprendre pourquoi les conservateurs n’avaient pu vaincre les libéraux de Justin Trudeau. Son rapport a été remis, mais n’a pas été rendu public.

PHOTO BLAIR GABLE, ARCHIVES REUTERS

Pierre Poilievre

Selon M. Baird, certains enjeux sociaux ne sont pas porteurs de victoire, faisant apparemment référence à l’incapacité d’Andrew Scheer à remettre en question sa position sur l’avortement ou le mariage entre personnes du même sexe. Il a ajouté qu’il y avait « beaucoup, beaucoup de raisons » pour expliquer l’échec des conservateurs. Il a notamment mentionné qu’il avait difficile d’obtenir des sièges en Ontario lorsque l’économie se porte bien. Ironiquement, l’ancien ministre en a attribué le mérite à l’actuel gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford.

Que doivent faire les conservateurs pour gagner la prochaine fois ? Baird répond que le parti se doit d’être moderne tout en restant fidèle à ses valeurs et à ses principes conservateurs. « On ne gagne pas si nous sommes comme les libéraux. Il faut que l’on soit de véritables bleus. »

Il a constaté que le parti « avait remarquablement échoué en Ontario et dans la région du Grand Toronto ». Selon lui, la formation doit former une nouvelle coalition et « avoir une vision qui plaira aux habitants des banlieues de chaque ville du pays ».