L’avocat spécialisé en immigration Stéphane Handfield songe à se lancer dans la course à la direction du Parti québécois. Il multiplie les rencontres et évalue en ce moment ses appuis chez les militants.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

« J’ai été sollicité, on m’a incité à y réfléchir, mais je ne prendrai pas de décision avant l’adoption des règles pour la course, en février. J’ai des idées à proposer et si je me lance, j’aurai l’occasion de les exposer aux militants et aux sympathisants », a expliqué Me Handfield lorsque joint au téléphone par La Presse vendredi soir.

L’avocat et conseiller municipal à la Ville de Mascouche confirme avoir déjà rencontré des députés, des militants et des présidents d’associations de circonscriptions afin d’alimenter sa réflexion.

« J’en discute avec les membres de ma famille, mon entourage, et on continue à réfléchir », dit-il, sans cacher son intérêt.

Avocat de l’ex-président catalan

Ancien commissaire à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, un tribunal fédéral, Stéphane Handfield est revenu à la pratique privée du droit de l’immigration en 2005.

Il a représenté des clients dans des dossiers très médiatisés. Il était l’avocat de Dany Villanueva, menacé d’expulsion du pays en raison de ses antécédents criminels, après la mort de son frère Fredy lors d’une intervention policière à Montréal-Nord. Il a aussi représenté l’ancien chef du gang de la rue Pelletier, Bernard Mathieu, ainsi qu’un espion russe allégué qui vivait au Canada sous le nom fictif de Paul William Hampel.

Depuis l’an dernier, il représente Carles Puigdemont, ancien président indépendantiste catalan qui devait faire une tournée au Québec et à qui Ottawa a refusé une autorisation de voyage.

PHOTO JOHN THYS, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Carles Puigdemont, ancien président indépendantiste catalan

L’avocat multiplie depuis des années les interventions dans les médias pour parler d’immigration. Par le passé, il a critiqué certains aspects du projet de charte des valeurs du gouvernement péquiste de Pauline Marois. L’an dernier, il a qualifié d’inacceptable la réforme de l’immigration proposée par le gouvernement Legault et a même menacé d’entamer des poursuites au nom des immigrants potentiels qui risquaient d’être laissés en plan.

« Je souhaite qu’il y ait une course à la direction et un débat d’idées. Il faut que la souveraineté soit au cœur de ce débat, mais je pense que c’est aussi important de parler d’immigration, d’environnement et de protection des données personnelles », dit l’avocat en référence à la situation actuelle du Parti québécois.

Pas sans les communautés culturelles

Jonathan L. Bourgeois, président de l’association locale du PQ dans la circonscription de Masson, où réside Stéphane Handfield, s’est dit prêt à appuyer l’avocat s’il se lance.

« Ici, tout le monde le connaît comme avocat, comme conseiller municipal et comme souverainiste. J’ai sondé les gens dans la circonscription et beaucoup seraient prêts à venir travailler dans son équipe », dit-il.

Pour faire la souveraineté, il va falloir additionner les forces. Ça ne se fera pas sans les communautés culturelles et l’expérience de Stéphane Handfield en la matière serait un gros apport.

Jonathan L. Bourgeois, président de l’association locale du PQ dans la circonscription de Masson

Jusqu’à présent, l’ancien ministre Sylvain Gaudreault est le seul à avoir officiellement confirmé qu’il serait candidat à la direction du parti.

L’avocat Paul St-Pierre Plamondon, qui était candidat à la direction en 2016, est courtisé par plusieurs militants qui souhaitent qu’il se présente à nouveau. L’historien Frédéric Bastien a fait part de son intérêt, mais n’a pas annoncé de décision quant à une candidature éventuelle. Quant à l’humoriste Guy Nantel, il dit sur Facebook qu’il réfléchit « le plus sérieusement du monde » à être candidat pour le poste de chef, mais n’a pas pris de décision.