(Québec) Le gouvernement Legault a offert des augmentations salariales inférieures à l’inflation aux quelque 550 000 employés du secteur public, jeudi. Une proposition qui a été accueillie avec une vive déception par les syndicats.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, a dévoilé sa première offre formelle aux travailleurs de l’État. Elle prévoit une augmentation de 7 % sur cinq ans. C’est moins que le taux de l’inflation, qui tournera autour de 2 % dans les prochaines années.

En revanche, le ministre propose de verser un montant forfaitaire de 1000 $ aux 350 000 travailleurs qui ont atteint le sommet des échelons salariaux. Il créé aussi des « forums » de négociation distincts pour les préposés aux bénéficiaires et les enseignants, dont Québec souhaite améliorer davantage le traitement. Une troisième table portera sur la santé globale et l’absentéisme dans la fonction publique.

« Nous avons fait une offre que je qualifie de très raisonnable parce qu’elle est exactement dans la capacité de payer », a dit le ministre Dubé.

C’est la première fois que Québec démarre une négociation avec le secteur public avec l’objectif avoué d’améliorer le traitement de deux métiers en particulier. Le gouvernement caquiste souhaite en effet attirer davantage de préposés aux bénéficiaires dans le réseau de la santé et davantage d’enseignants dans les écoles.

Afin de respecter cet engagement, le gouvernement n’a d’autre choix que de former des « forums » parallèles, a indiqué le ministre Dubé.

« L’approche mur à mur n’était pas possible », a-t-il résumé.

Le gouvernement québécois nage dans des surplus historiques qui ont totalisé 8,3 milliards en 2018-19. Après des années de compressions budgétaires sous le gouvernement Couillard, les syndicats s’attendaient à un rattrapage important. La FTQ, par exemple, réclame des augmentations de 4,1 % par année sur trois ans.

Les syndicats ont réagi avec colère au dépôt des offres patronales.

« Des hausses de salaires sous l’inflation, c’est inacceptable, a résumé Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN. Ne pas s’appauvrir en travaillant, s’assurer que la hausse des salaires couvre l’augmentation du coût de la vie, ça ne devrait même pas être un enjeu de négociation. C’est la base. »