(Ottawa) Préoccupé par la décision de Raif Badawi d’entamer une grève de la faim, le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne compte solliciter une rencontre avec son homologue saoudien au cours des prochains jours.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Les derniers événements qui ont été portés à mon attention sur les conditions de détention de M. Badawi vont m’amener à interpeller mon homologue saoudien », a-t-il affirmé en conférence téléphonique depuis l’Égypte.

« Je vais le faire d’ici la fin de l’année, a enchaîné le diplomate en chef du Canada. J’espère avoir l’opportunité de lui parler et de lui exprimer la préoccupation des Canadiens. »

Le blogueur de nationalité saoudienne et son avocat ont cessé de s’alimenter afin de protester contre leur mise en isolement cellulaire et les mauvais traitements qui leur sont infligés dans leur geôle en Arabie saoudite.

Le dissident politique a été condamné à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet pour avoir critiqué le régime. Tant à Ottawa qu’à Québec – où la famille de Raif Badawi est réfugiée –, on réclame sa libération, mais on se heurte à l’intransigeance des Saoudiens.

Les liens diplomatiques entre les deux pays ont été gelés après que l’ex-ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, eut froissé le royaume en demandant sur Twitter la libération de Samar Badawi, sœur du blogueur, militante pour les droits des femmes.

Même avant que l’Arabie saoudite n’expulse l’ambassadeur du Canada et rappelle le sien, Ottawa se faisait sommer de se mêler de ses affaires. Mais le ministre Champagne dit ne pas avoir l’intention de baisser les bras pour autant.

« Il n’y a personne qui va dicter la politique étrangère du Canada à part le gouvernement canadien, a-t-il tranché à l’autre bout du fil. La famille de M. Badawi vit au Canada, alors nous avons un intérêt particulier à ce qui arrive à M. Badawi. »