(Ottawa) Le Canada n’attendra pas nécessairement tous les autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avant d’imposer une taxe sur les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple).

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, dit que ce sera une question de mois avant que son gouvernement agisse dans ce dossier.

Après avoir répété pendant deux ans qu’ils n’allaient pas taxer des entreprises comme Netflix, les libéraux ont annoncé lors de la campagne électorale qu’ils allaient percevoir la TPS pour ces géants du web.

M. Guilbeault estime que son gouvernement pourrait avancer « très rapidement » dans ce dossier.

L’autre promesse libérale d’imposer une taxe de 3 % sur les recettes des GAFA générées par la vente de publicités en ligne et les données des utilisateurs pourrait par contre prendre plus de temps.

À l’entrée du caucus libéral, mercredi matin, M. Guilbeault a déclaré qu’il y a « un consensus de plus en plus large au sein des pays de l’OCDE » voulant qu’il faille taxer ces géants du web.

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Steven Guilbeault

Les pays du G7 ont convenu de s’entendre en 2020 sur une taxe internationale pour les GAFA. Cela n’a toutefois pas empêché la France de légiférer l’été dernier pour imposer à la hauteur de 3 % le chiffre d’affaires de ces entreprises réalisé sur son territoire.

« Est-ce que tout le monde va avancer à la même vitesse ? Pas nécessairement, et je pense qu’on n’a pas besoin d’attendre nécessairement que tout le monde le fasse pour le faire ici », estime M. Guilbeault.

Cette déclaration survient un jour après que le premier ministre du Québec, François Legault, de passage dans la Silicon Valley en Californie, eut déclaré que le Québec n’allait pas taxer les GAFA de sitôt.

M. Legault dit qu’il entend « faire ça correctement avec le Canada et les autres pays de l’OCDE » et a mis en garde tous ceux qui voudraient précipiter les choses, par crainte de « représailles ».

M. Guilbeault ne voit pas de contradictions entre sa position et celle du premier ministre québécois.

« On a pris des engagements très importants dans le cadre de la dernière campagne électorale, et ce n’est pas parce que nous, on agit, que Québec doit le faire au même moment et de la même façon », dit-il.

Du côté des partis d’opposition, on estime que le gouvernement Trudeau aurait dû commencer le processus il y a bien longtemps.

« À Ottawa, le consensus est clair sur la question des redevances des GAFA : le plus tôt sera le mieux », a déclaré Martin Champoux, porte-parole du Bloc québécois en matière de communications.

Le néo-démocrate Alexandre Boulerice souhaite que ce soit l’ensemble des revenus des GAFA qui soient imposés, et pas seulement les revenus qui proviennent des publicités.

« Ce n’est pas suffisant, dit-il. Si on impose, on impose l’ensemble des revenus comme n’importe quelle autre compagnie et comme la France l’a déjà fait », affirme le porte-parole en matière de Patrimoine canadien.