(Ottawa) Le premier ministre ontarien Doug Ford dit ne pas en vouloir à Justin Trudeau de l’avoir utilisé comme épouvantail pendant la campagne électorale.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

À l’issue de leur première rencontre bilatérale depuis le scrutin du 21 octobre, le dirigeant de l’Ontario s’est réjoui de cet échange « phénoménal » et « productif ».

Il a plaidé que l’heure était davantage à l’unité qu’à la division, et qu’il voulait se concentrer sur les enjeux rassembleurs comme les infrastructures et l’économie plutôt que les pommes de discorde comme la taxe sur le carbone.

Et la campagne électorale, c’est du passé, a-t-il voulu communiquer en point de presse dans le foyer de la Chambre des communes. 

« Vous savez quoi ? La famille du premier ministre est en politique depuis des années, ma famille est en politique depuis des années. C’est de la politique », a-t-il offert lorsqu’on lui a demandé s’il avait eu droit à des excuses de Justin Trudeau. 

« Maintenant, il faut se concentrer sur ce que les gens veulent. Les gens s’attendent à ce que nous travaillions ensemble », a enchaîné Doug Ford.

Le premier ministre de l’Ontario, qui a brillé par son absence pendant la campagne fédérale, n’a pas désiré s’étendre sur la défaite du chef conservateur Andrew Scheer.

Dans le camp conservateur, on avait fait le pari que laisser Doug Ford au vestiaire aiderait Andrew Scheer dans la province qui compte le plus de sièges au pays.

Or, les troupes de Justin Trudeau ont largement dominé : ils ont raflé 79 des 121 circonscriptions de la province, soit trois de plus qu’à la dissolution de la Chambre des communes.

Le premier ministre Ford a mis cela sur le compte de l’alternance plutôt que d’en imputer à son homologue fédéral la responsabilité. 

« Je n’ai jamais réussi à élucider le mystère ; en Ontario, [les électeurs] aiment avoir cet équilibre depuis des années. Ils aiment un parti au provincial et un différent au fédéral », a-t-il affirmé. 

« J’ai plein d’électeurs d’allégeance traditionnellement libérale, et lui [Justin Trudeau] aussi, clairement, car il a remporté les mêmes circonscriptions », a poursuivi Doug Ford.

Il n’a pas souhaité se prononcer sur l’avenir du chef Scheer ou dire s’il devrait revoir ses positions sur les enjeux LGBTQ2, comme l’ont soulevé deux stratèges conservateurs dans une lettre ouverte parue cette semaine dans le Globe and Mail

« Je tiens Andrew Scheer en très haute estime, et je pense qu’il a fait un travail incroyable pendant la campagne […] C’est un homme bon », s’est-il contenté de déclarer.

Le premier ministre Ford recevra à Toronto ses homologues provinciaux et territoriaux du Conseil de la fédération le 2 décembre prochain.