(Québec) Le ministre de l’Économie du Québec se dit impuissant devant la saignée qui se poursuit chez Rona. L’entente signée lors de l’acquisition par Lowe’s sous le gouvernement Couillard ne permettra peut-être pas de sauver des emplois, prévient-il.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Je vais spéculer. Quand je lis l’entente, je pense que Lowe’s la respecte. Il y a une entente de deux pages sur les emplois et à ma connaissance, ils respectent ça », a expliqué mercredi M. Fitzgibbon.

« Une entente a été signée entre Lowe’s et le fédéral en 2016. C’est une entente que j’ai, mais qui ne peut être divulguée à cause d’un sceau de confidentialité, a précisé le ministre caquiste. Jeudi matin, aussitôt qu’on aura un nouveau ministre de l’Économie, je vais l’appeler pour m’assurer que l’entente soit respectée. »

Lowe’s a annoncé mercredi la fermeture de 12 magasins au Québec – 11 Rona et 1 Réno-Dépôt. Des dizaines d’emplois seront vraisemblablement perdus dans la province.

Mais la transaction de 2016 avait reçu le feu vert du gouvernement fédéral grâce à une série d’engagements de la multinationale américaine. Ces garanties touchaient « les emplois, les bannières et le siège social », a précisé mercredi la ministre de l’Économie de l’époque, la libérale Dominique Anglade.

Mme Anglade n’a pas dit directement que Lowe’s avait contrevenu à l’entente, mais elle l’a laissé entendre. « Des garanties avaient été données notamment par le gouvernement fédéral, jusqu’en 2021. Il faut absolument interpeller le fédéral », a lancé Mme Anglade.

« Un fiasco »

La lecture préliminaire de M. Fitzgibbon laisse plutôt entendre que l’entente de 2016 ne permettra pas de freiner la saignée chez Rona. Le premier ministre ne s’est pas gêné pour critiquer l’ancienne ministre de l’Économie.

« Est-ce qu’il y a une autre entente ? Parce que si c’est l’entente, il n’y a aucune garantie là-dedans. Moi, je me rappelle très bien que Dominique Anglade avait dit qu’elle avait obtenu, avec le fédéral, une garantie de plancher d’emploi », a rappelé François Legault.  

« Dans l’entente que nous a laissée le gouvernement Anglade (sic), il n’y a rien ! », dit-il.

Le premier ministre a blâmé le gouvernement Couillard. Selon lui, Investissement Québec n’aurait jamais dû abandonner son bloc de contrôle dans Rona. « Malheureusement, le gouvernement libéral s’est débarrassé de ce bloc-là et a rendu Rona très vulnérable à cette acquisition. »

Le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, a exigé de connaître le contenu de l’entente secrète avec le fédéral. « On savait que c’était un mauvais deal à l’époque et les grands acteurs qui ont participé à cette entente-là doivent s’en mordre les doigts aujourd’hui. »

Pour Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont, « cette histoire-là est un fiasco ». « Mme Anglade disait que c’était un grand jour pour le Québec… C’était une catastrophe pour le Québec. »