Dans le cas où le Québec obtiendrait son indépendance sous un gouvernement du Québec solidaire, une armée serait constituée pour assurer la défense du nouveau pays, ont statué les délégués du parti réunis en congrès au cours du week-end.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

Trois propositions pour assurer la défense étaient soumises au vote. La première proposait une défense sans armée et une autre avec la mise en œuvre graduelle d’une défense sans armée.

C’est finalement l’option d’une armée dont le rôle « sera axé sur la sécurité collective et la dissuasion » qui a été retenue par les quelque 600 militants réunis, avec une forte majorité.

Les valeurs féministes et d’égalité seraient mises de l’avant dans le corps de défense, ont aussi voté les délégués.

La question d'indépendance

« Si vous votez pour Québec solidaire, vous votez pour un parti qui va faire l’indépendance dans son premier mandat », a dit la cheffe de Québec solidaire Manon Massé en point de presse, questionnée sur la place des fédéralistes de gauche au Québec.

« Nous sommes conscients qu’une des faiblesses historiques du mouvement indépendantiste, ç’a été de ne pas avoir réponse à toutes les questions, notamment sur la question de la transition », a dit le député et leader parlementaire du parti Gabriel Nadeau-Dubois, en point de presse.

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Les co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé

Questionné à plusieurs reprises sur la place des fédéralistes de gauche à l’intérieur du parti indépendantiste, M. Nadeau-Dubois a dit « ne pas en connaître » dans la formation.

« Tout le monde est bienvenu, mais Québec solidaire est un parti indépendantiste, il faut être d’accord avec la démarche indépendantiste », a de son côté répondu le député de Jean-Lesage Sol Zanetti.

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Sol Zanetti

L’ancien chef d’Option nationale, parti indépendantiste qui a fusionné avec Québec solidaire il y a deux ans, s’est dit persuadé d’arriver à convaincre des fédéralistes de changer de camp. Il a noté avoir lui-même été fédéraliste à l’adolescence avant de changer son opinion sur le sujet.

Les délégués ont aussi été appelés à débattre d’écofiscalité samedi matin. La formation n’a pas voulu se prononcer sur une hausse de coût éventuelle qui pourrait être refilée aux consommateurs après l’adoption de mesures fiscales plus sévères contre les pollueurs. « Aujourd’hui, on a voté sur les principes, les détails seront vus plus tard », a précisé la députée Ruba Ghazal.

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Manon Massé et Ruba Ghazal

La députée Catherine Dorion brillait par son absence du congrès, qui s’est ouvert vendredi soir et dure trois jours. Le parti a indiqué qu’elle serait présente par vidéoconférence, mais qu’elle restait à Québec pour appuyer le candidat Olivier Bolduc dans la circonscription voisine de la sienne, Jean-Talon, où des élections partielles auront lieu le 2 décembre prochain, à la suite du départ du libéral Sébastien Proulx.

Manon Massé a indiqué que la décision avait été prise « il y a plusieurs semaines ». « On est super contents qu’elle soit à Québec, à un moment stratégique du vote par anticipation », a-t-elle souligné.

La députée a été la cible de bien des critiques de ses adversaires au cours des dernières semaines en raison de son habillement.