(Québec) Le leadership de la ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest, est contesté par Québec solidaire, qui l’exhorte à se porter à la défense des femmes, particulièrement celles victimes de violence.

Jocelyne Richer
La Presse canadienne

« Il faut que Mme Charest prenne du leadership », a soutenu la porte-parole du parti, Manon Massé, mardi, au cours d’une conférence de presse visant à convaincre le gouvernement de la nécessité et de l’urgence d’adopter un plan d’action contre la violence faite aux femmes.

Après une année dans ses fonctions, « je n’ai pas l’impression que [la ministre] a exercé son leadership au sein du cabinet ministériel pour les enjeux qui touchent la condition féminine », a renchéri la députée de Sherbrooke, porte-parole solidaire sur les questions de condition féminine, Christine Labrie.

Elle déplore le fait que la ministre Charest prenne rarement position publiquement sur ces questions et que si elle le fait, elle semble « dépassée ».

Sur la question spécifique de la lutte à la violence faite aux femmes, « je ne me souviens pas l’avoir entendue » se prononcer, a ajouté Mme Labrie.

Or, il importe que cette question soit prise très au sérieux par la ministre, qui « doit jouer un rôle moteur », mais aussi par le premier ministre François Legault et l’ensemble du gouvernement, pour dégager le financement requis, a fait valoir Mme Massé, notant au passage que la mise à jour économique présentée la semaine dernière par le ministre des Finances ne prévoyait pas un sou pour les maisons d’hébergement destinées aux femmes victimes de violence conjugale ou sexuelle, malgré la bonne situation financière du Québec.

« Il y a des milliards de dollars de surplus dans les coffres de l’État, alors qu’on manque de ressources pour venir en aide à des femmes dont la vie est en danger : il faut revoir nos priorités », selon Mme Massé.

Québec solidaire réclame un plan d’action qui comporterait trois axes : des campagnes nationales de sensibilisation contre la violence conjugale, la prévention en milieu scolaire et des investissements dans les soins de première ligne.

À ces initiatives, s’ajouterait un réinvestissement massif dans le réseau des maisons d’hébergement.

La semaine dernière, les responsables de ces maisons étaient venues lancer un cri du cœur à l’Assemblée nationale pour réclamer d’urgence 50 millions afin de répondre aux besoins des femmes violentées, en augmentant le nombre de places disponibles.

Le gouvernement a d’ailleurs reconnu le sous-financement chronique du réseau des maisons d’hébergement destinées aux femmes victimes de violence.

Ces maisons d’hébergement accueillent gratuitement femmes et enfants en difficulté.

En 2018-2019, elles ont dû refuser près de 15 000 demandes d’hébergement, faute de places.

Et l’an dernier, ce sont au total 2936 femmes et 1615 enfants qui ont été hébergés dans les maisons membres de la Fédération québécoise des maisons d’hébergement.