(Trois-Rivières) Alors que les militants péquistes adoptent ce week-end de nouveaux statuts et une déclaration de principe qui replace l’indépendance au cœur de leur projet, de potentiels candidats à la direction du parti courtisent les membres, à l’aube d’une course pour trouver un nouveau chef.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Paul Saint-Pierre Plamondon, l’auteur du rapport « Osez repenser le PQ » et candidat défait en 2018 dans la circonscription de Prévost, rappelle que le Parti québécois est comme le « détroit de Magellan » des idées, où se rencontrent la gauche et la droite au profit de la souveraineté du Québec.

« Ça prend des objectifs concrets dans un espace-temps qui est sur le court et moyen terme. Sinon, la mobilisation est très difficile », affirme celui qui songe ouvertement à se lancer dans la course.

Mais la possible arrivée de M. Saint-Pierre Plamondon dans une course ne fait pas l’unanimité. Déjà, l’ex-syndicaliste Marc Laviolette ne croit pas qu’un « oustider » puisse réunir les militants.

« Moi, son rapport qu’il a fait sur repenser le PQ, c’était des choses qu’on savait [déjà]. La seule chose [qu’il a réussi à faire c’est de] nous faire passer pour des vieilles sacoches », déplore-t-il.

De son côté, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, affirme à son tour poursuivre sa réflexion. Mais selon lui, « il faut clairement que le PQ soit le parti qui mène la lutte contre la crise climatique au sommet de ses priorités ».


Frédéric Bastien, historien et enseignant au cégep, évalue également l’opportunité de se présenter, a-t-il affirmé samedi. Pour l’instant, il attend de voir si d’autres candidats porteront ses idées, notamment le fait de considérer l’immigration sur le plan de l’intégration culturelle et de réduire le nombre d’immigrants accueillis annuellement au Québec à 30  000.  

M. Bastien croit également qu’un référendum devrait être à nouveau relégué à un second mandat.  

Visite surprise d’Yves-François Blanchet

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a rendu visite aux militants péquistes, samedi, accueilli sous une pluie d’applaudissement. Selon lui, le Parti québécois est dans une bien meilleure posture que ne l’était le Bloc québécois au moment d’entreprendre sa reconstruction.

« Le PQ n’a jamais atteint le niveau de difficulté qu’a affronté le Bloc. Reculons de deux ans et on va se rappeler des souvenirs qu’on essaie de ne pas trop avoir à l’esprit », a-t-il affirmé.

« Le Bloc a dû [se reconstruire] en 8 à 9 mois, alors que le PQ a encore plusieurs années devant lui pour compléter un exercice de refondation », a-t-il poursuivi, excluant sans hésiter de se présenter dans la course à la direction du parti.

Véronique Hivon, que plusieurs auraient souhaité voir dans la course, s’est dite « émue » de l’exercice qui se déroule samedi et dimanche à Trois-Rivières.

« Je pense qu’on franchit un nouveau jalon dans la clarté et la transparence avec une déclaration [de principes] qui est vraiment concentrée sur deux pages. […] On va être un parti, mais qui va s’inspirer des manières de faire d’un mouvement. On va laisser beaucoup de place à la base pour faire de la politique du bas vers le haut », a-t-elle affirmé.

« Les gens nous ont vus aller un moment donné avec un chef comme Pierre Karl Péaldeau, un moment donné avec Jean-François Lisée. Un moment donné, ils nous ont perdus. Ils ne savaient plus qui on était. Aujourd’hui, on va leur dire », a ensuite résumé le député Harold LeBel.