(Ottawa) Les premiers ministres des provinces tiennent mordicus à forger un front commun sur un certain nombre de dossiers qu’ils jugent prioritaires avant de rencontrer leur homologue fédéral Justin Trudeau au début de la nouvelle année.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

C’est ce qui explique leur intention de tenir une réunion formelle du Conseil de la fédération une fois que le premier ministre Justin Trudeau aura dévoilé la composition de son nouveau cabinet. L’objectif de cette réunion vise tout autant à éviter une répétition de la dernière rencontre fédérale/provinciale, qui a eu lieu l’an dernier à Montréal et qui a donné lieu à « un crêpage de chignons » entre certains premiers ministres des provinces sur la question du développement des ressources naturelles, entre autres.

« Le seul qui était sorti gagnant de ce crêpage de chignons, c’était le premier ministre Justin Trudeau. On veut éviter une répétition d’une telle situation. D’où l’intention d’organiser une rencontre du Conseil de la fédération au préalable. On veut se préparer plusieurs jours à l’avance, pas deux heures avant la rencontre avec le premier ministre », a expliqué à La Presse une source gouvernementale à Québec, qui a requis l’anonymat afin de s’exprimer plus librement à ce sujet.

PHOTO STÉPHANE MAHÉ, ARCHIVES REUTERS

Les troupes de Justin Trudeau ont été rayées de la carte électorale en Alberta et en Saskatchewan le 21 octobre dernier.

La date de cette rencontre au sommet des premiers ministres des provinces, qui a été convenue lors d’une récente conférence téléphonique, n’a pas encore été arrêtée. Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, qui assure la présidence du Conseil de la fédération cette année, doit proposer une date à ses homologues sous peu. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a pour sa part proposé que la rencontre ait lieu à Toronto, plus facile d’accès pour l’ensemble de ses collègues.

Champs de compétence des provinces

Cette rencontre des premiers ministres des provinces revêt une importance d’autant plus grande que les libéraux de Justin Trudeau ont fait plusieurs promesses dans des secteurs qui relèvent de la compétence des provinces ou nécessitent leur collaboration, notamment la création d’un régime national d’assurance médicaments ou encore la construction de nouveaux logements abordables.

En outre, M. Trudeau se retrouve désormais à la tête d’un gouvernement minoritaire qui aura besoin de l’appui d’une autre formation politique pour se maintenir au pouvoir. Le NPD pourrait être l’allié naturel des libéraux. Or, le NPD propose aussi plusieurs mesures qui pourraient être considérées par les provinces comme un empiétement dans leurs champs de compétence.

À l’heure actuelle, plusieurs provinces sont dirigées par des gouvernements conservateurs qui sont davantage portés à défendre les champs de compétence provinciaux.

L’une de nominations au cabinet qui sera suivie de près par les premiers ministres des provinces risque d’être le prochain titulaire du ministère des Affaires intergouvernementales, alors que le mouvement séparatiste semble prendre de l’ampleur en Alberta et en Saskatchewan à la suite de la victoire électorale des libéraux fédéraux. Les troupes de Justin Trudeau ont d’ailleurs été rayées de la carte électorale dans ces deux provinces le 21 octobre.

Le ministre des Finances Bill Morneau s’acquitte également de ces responsabilités de façon temporaire à cause des ennuis de santé du ministre titulaire, Dominic LeBlanc, qui souffre d’une forme de lymphome non hodgkinien.

Le nom de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a été évoqué pour diriger le ministère des Affaires intergouvernementales.