(Ottawa) Onze membres du Sénat délaissent leurs affiliations et forment un nouveau Groupe des sénateurs canadiens (GSC).

Lina Dib
La Presse canadienne

Huit d’entre eux jusque là siégeaient dans le Groupe des sénateurs indépendants (GSI), deux faisaient partie du caucus conservateur et un était non affilié.

La sénatrice Josée Verner, nommée par le premier ministre conservateur Stephen Harper, fait partie du nombre.

« Cette décision-là de créer un nouveau groupe, ce n’est certainement pas une critique à l’endroit des autres groupes existants », a assuré la sénatrice Verner en entrevue téléphonique.

Elle est la seule sénatrice du Québec à joindre ce nouveau groupe pour lequel elle a abandonné le GSI.

« C’est loin d’être une critique à l’endroit de ce groupe-là », a-t-elle insisté.

Lorsque Justin Trudeau est devenu chef du Parti libéral du Canada (PLC), il s’est dissocié des sénateurs libéraux, les excluant de son caucus. Élu premier ministre, il a établi un nouveau processus pour nommer des sénateurs indépendants. Cependant, les conservateurs, sénateurs et députés, ont toujours accusé les membres du GSI de se plier aux décisions du gouvernement Trudeau.

Mme Verner rejette cette critique. Elle rappelle que le Sénat a proposé plusieurs amendements aux projets de loi soumis par les Communes, depuis que les sénateurs du GSI représentent la majorité au Sénat.

Les membres du nouveau GSC « sont libres de prendre position et de voter sur une initiative gouvernementale ou parlementaire indépendamment des affiliations politiques personnelles de chaque membre du groupe », précise le communiqué diffusé lundi matin pour annoncer la naissance du groupe.

Ce communiqué insiste également sur l’importance de la défense des intérêts régionaux, un des rôles du Sénat. Encore là, Mme Verner dit qu’il ne faut pas y lire une critique des autres groupes de sénateurs.

« Ce qui nous unit, en premier lieu et en priorité, c’est notre façon d’approcher les choses », a-t-elle offert. « C’est simplement la façon d’approcher les choses qui est différente et qui est probablement plus facile dans un plus petit groupe aussi », a-t-elle ajouté, après avoir été invitée à préciser sa pensée.

Les autres membres du GSC sont les Albertains Doug Black, Scott Tannas et Elaine McCoy, les Ontariens Robert Black et Vernon White, Larry Campbell de Colombie-Britannique, Stephen Greene de Nouvelle-Écosse, Diane Griffin de l’Île-du-Prince-Édouard, David Richards du Nouveau-Brunswick et Pamela Wallin de la Saskatchewan.

Ils se disent membres fondateurs et espèrent être rejoints par d’autres collègues. Ils pourront bénéficier d’un budget de recherche à partager entre eux.

Leur démarche rebrasse les cartes au Sénat. Ils sont dorénavant six sénateurs non affiliés, neuf libéraux au Sénat, 27 sénateurs conservateurs, 49 sénateurs indépendants du GSI et 11 sénateurs du nouveau GSC.

La semaine dernière, le leader de l’opposition, le conservateur Larry Smith, a annoncé qu’il cédait son poste de leader à qui le veut. M. Smith dirigeait le caucus conservateur au Sénat depuis 2017. Dans le communiqué qu’il a publié jeudi, il disait qu’il estimait que c’était, après l’élection fédérale, « un moment naturel » pour réévaluer sa contribution au Sénat.