(Ottawa) S’il est vrai que le caucus conservateur qui se réunira mercredi prochain à Ottawa pourrait se donner le pouvoir de réclamer une révision du leadership d’Andrew Scheer, la tradition veut que les députés laissent aux membres le soin d’en décider.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le chef, qui fait l’objet de critiques au sein des rangs conservateurs dans la foulée de la défaite électorale du 21 octobre dernier, n’a pas l’intention de quitter son poste, a réitéré hier à La Presse l’un de ses proches collaborateurs.

Le conservateur Michael Chong a envoyé mercredi dernier un courriel aux élus de toutes les formations politiques afin de leur rappeler les dispositions contenues dans la loi qu’il a fait adopter, qui visait à diminuer le pouvoir des chefs pour en redonner aux députés.

Il assure que la démarche ne vise pas à faire chasser Andrew Scheer, dont il ne réclame pas la démission. « L’intention, c’est d’informer tous les députés des obligations en vertu de la loi. J’ai fait la même chose après l’élection d’octobre 2015 », écrit-il à La Presse.

PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Michael Chong

Une majorité simple de députés d’un parti peut réclamer un examen de la direction du parti. Si cela se produit, une révision peut être déclenchée si 20 % des membres le réclament par avis écrit au président du caucus, puis un vote secret aurait lieu.

« Traditionnellement, ce n’est pas un pouvoir que les députés se sont donné. Et je ne pense pas que ce sera un pouvoir qu’ils vont se donner mercredi ; pour eux, ce sont les membres qui choisissent le chef », fait valoir une source dans l’entourage de M. Scheer.

Un vote de confiance est prévu en avril prochain, lors du congrès national du parti qui se tiendra à Toronto, du 16 au 18. Si plus de 50 % des délégués présents désavouent alors le chef, une course à la direction sera déclenchée.

MacKay ne veut pas le poste

L’un des successeurs potentiels, l’ancien ministre Peter MacKay, a réaffirmé hier qu’il ne voulait pas du job –, et ce, même s’il a comparé mercredi la performance du chef à celle d’un joueur de hockey qui n’arrive pas à « marquer en échappée dans un filet désert ».

« J’ai dit à plusieurs reprises que j’appuie Andrew Scheer, et j’ai travaillé fort pour l’aider pendant la campagne. Les informations voulant que je m’organise [pour le remplacer] sont fausses », a-t-il écrit sur Twitter.

Bien qu’il ait en effet échoué à battre Justin Trudeau, le dirigeant conservateur a tout de même fait élire 121 députés, contre 99 en 2015. Il a également remporté le vote populaire – en grande partie grâce aux provinces de l’Ouest.

Andrew Scheer prendra la parole devant sa députation à Ottawa mercredi prochain. On ignore si les portes du caucus seront brièvement ouvertes pour les médias, comme cela s’est fait à quelques reprises ces derniers mois au parti.