(Québec) Le gouvernement Legault blâme les libéraux pour le report de deux projets industriels majeurs de Rio Tinto au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Patrice Bergeron
La Presse canadienne

Les caquistes affirment toutefois que le géant de l’aluminium a quatre autres projets dans ses cartons.

Le géant de l’aluminium a fait savoir la semaine dernière qu’il suspendait ses projets d’usine de billettes à Alma et d’ajout de salles de cuves à son usine d’Arvida. Ces deux projets étaient évalués à environ 300 millions.

« Que propose le ministre de l’Économie par rapport à cette situation ? » a demandé la députée libérale Dominique Anglade, mardi, à la période de questions, en reprochant au premier ministre François Legault une rencontre récente avec les dirigeants de Rio Tinto : « Pourquoi ils sont allés faire cette rencontre ? »

« Le premier ministre a qualifié cette rencontre de bonne rencontre, a pour sa part rappelé Sylvain Gaudreault, le député péquiste de Jonquière, où une partie des investissements était prévue. On se demande ce que ça va être quand ça va être une mauvaise rencontre. »

En réplique, le premier ministre François Legault a rétorqué que c’est le précédent gouvernement Couillard qui avait renoncé à certaines conditions dans la plus récente entente avec la compagnie Rio Tinto Alcan.

« On avait une entente qui les forçait à construire. Malheureusement, les libéraux ont annulé, ont déchiré cette entente-là pour faire plaisir à l’entreprise. C’était irresponsable, mais on est obligés de vivre avec ça. »

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a renchéri. Selon lui, c’est le gouvernement libéral précédent qui a accepté en 2018 d’assouplir l’accord de 2007. Ainsi, plutôt que de devoir investir 2 milliards d’ici à 2021, l’entente a été revue à la baisse, soit investir 700 millions d’ici à 2025.

Le ministre a dit avoir obtenu l’assurance de Rio Tinto que le Québec allait être privilégié dès que le marché de l’aluminium allait reprendre de la vigueur.

« Le jour où Rio Tinto va faire un nouveau projet de nouvelle capacité (sic), le Québec va être privilégié, et ça, c’est une promesse qui n’est pas écrite, une promesse qui est verbale. »

Rio Tinto a invoqué l’argument du bas prix de l’aluminium pour mettre ses projets sur la glace. Actuellement, le prix de la tonne d’aluminium se négocie aux alentours de 1700 $ US, soit à un niveau « plus bas qu’au milieu de la dernière crise financière », a souligné Rio Tinto dans un message aux employés.