Des députés de Québec solidaire demandent au gouvernement Legault d’agir pour stopper les évictions de locataires par les propriétaires. Le nombre record de « rénovictions » pour l’année 2019 inquiète les députés.

Thomas Dufour Thomas Dufour
La Presse

Ruba Ghazal (Mercier) et André Fontecilla (Laurier-Dorion) ont sommé la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, de mettre en place des mesures pour éviter que plus de locataires soient mis à la porte.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La ministre de l’Habitation, Andrée Laforest

Ils demandent que soient posés trois gestes : la mise sur pied d’un comité d’urgence pour trouver un toit aux locataires évincés, le décret d’un moratoire sur les évictions pour motifs d’agrandissement dans certains quartiers particulièrement touchés par la crise du logement ainsi qu’un amendement au Code civil pour mieux protéger les locataires victimes d’une « éviction abusive ». 

« La loi est censée protéger les locataires des abus, mais les tricheurs de l’immobilier ont trouvé une façon d’en abuser : ils évincent les locataires qui n’ont rien à se reprocher sous prétexte de faire des rénovations », a indiqué Mme Ghazal, lors d’une conférence de presse dimanche matin.

Le nombre d’évictions est en hausse. Depuis avril, le comité logement du Plateau-Mont-Royal a reçu 154 demandes en lien avec une éviction, soit trois fois plus que pour la même période en 2017.  

Des organismes communautaires redoutent que certains quartiers deviennent impossibles à habiter pour des locataires avec un budget limité. « Nous arrivons à un point de non-retour dans le processus de gentrification, il est urgent d’agir », a indiqué Vicky Langevin, organisatrice communautaire au Comité logement du Plateau-Mont-Royal.