(Québec) Le gouvernement Legault a ordonné une vérification de l’eau potable dans toutes les écoles du Québec, mardi, pour s’assurer qu’elle ne contient pas une trop forte teneur en plomb.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Une enquête de La Presse en collaboration avec l’Université de Montréal a révélé que quatre des 24 échantillons d’eau récoltés dans des écoles primaires du Grand Montréal dépassent le taux recommandé par Santé Canada. Dans un cas, l’eau contenait sept fois plus de plomb que ne le recommande le gouvernement fédéral.

M. Roberge a assuré mardi qu’il n’y aura « aucun compromis » sur la sécurité des enfants. Il a émis une directive pour exiger que chaque école vérifie ses fontaines d’eau.

« On va exiger que toutes les sources d’eau dans nos écoles soient évaluées, qu’on évalue la qualité de l’eau qui est offerte dans toutes nos écoles », a résumé le ministre.

« Si on voit qu’il y a des dépassements des normes, on va demander à ce que soient condamnées ces sources d’approvisionnement et on va donner de l’eau qui est saine aux élèves. »

L’examen devrait être « assez rapide », a indiqué M. Roberge, sans toutefois préciser quand il sera complété.

Comment se fait-il qu’on trouve du plomb dans les fontaines d’eau des écoles ? Le ministre a lancé la pierre aux gouvernements précédents.

« On a des infrastructures municipales et scolaires qui sont très, très vieilles, a-t-il dit. On a eu des années et des années de négligence. Des fois, en arrivant au gouvernement, j’ai l’impression d’avoir acheté une maison avec des vices cachés et avec des propriétaires négligents. »

Plus tôt cet été, Le Devoir a fait état d’un rapport de l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ) selon lequel le niveau de plomb dans l’eau des écoles et garderies pourrait avoir des effets sur le quotient intellectuel des enfants.

Lundi, Le Soleil a révélé que l’eau potable dans certaines écoles de Québec présente des concentrations de plomb « significativement élevées ». 

Selon le chef du Parti libéral, Pierre Arcand, le ministre Roberge aurait dû ordonner des vérifications dès ce moment.

« Cette question des abreuvoirs, je crois avoir vu des nouvelles là-dessus au mois de juillet, a-t-il noté. Le ministre devait réagir dès le mois de juillet sur cette question. Pourquoi faut-il encore une fois attendre plusieurs mois quand ça fait encore une fois la manchette qu’on puisse réagir sur cette question ? »

La députée du Parti québécois, Véronique Hivon, estime que la vérification ordonnée par le gouvernement caquiste est un premier pas. Elle souhaite cependant que Québec aille plus loin.

« C’est une chose d’envoyer une directive, a déclaré la députée péquiste. Je demande au ministre que les moyens suivent pour qu’on soit capables de faire ces examens, qu’on soit capables de faire les travaux rapidement et qu’il y ait des mesures de mitigation si on n’est pas capable de faire ça à très court terme. »

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a qualifié de « fou » l’état des abreuvoirs dans les écoles. Elle a pressé le gouvernement Legault de remédier à la situation au plus vite.

« Ce sont nos enfants qui sont, par manque d’entretien, sont soumis à un haut taux de plomb comme ça, a dit Mme Massé. Ça n’a pas de bon sens. C’est bon de faire l’état de la situation, mais j’espère qu’il va agir au fur et à mesure, et non pas attendre le rapport dans quelques mois et ensuite agir. »