(Québec) François Legault veut s’assurer « que le Québec est indivisible » et met un bémol à la deuxième recommandation du rapport de la Commission Viens, qui demande au gouvernement de « procéder à l’adoption d’une motion de reconnaissance et de mise en oeuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ».  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

« Le gouvernement du Québec adhère au principe de la Déclaration des Nations unies pour les droits des peuples autochtones. Par contre, il y a des implications juridiques. Il y a des implications juridiques, là — j’allais faire une farce que je ne ferai pas — mais le droit à l’autodétermination et de s’assurer que le Québec est indivisible, il faut être certain de protéger ça », a déclaré jeudi le premier ministre du Québec dans un échange avec la cheffe de Québec solidaire, Manon Massé.  

Mercredi, François Legault a offert aux autochtones des excuses au nom de l’État québécois, blâmé dans le rapport de la Commission Viens, publié lundi, « pour les préjudices causés par les lois, les politiques, les normes ou les pratiques des services publics à leur encontre ».

En présentant des excuses au Salon bleu, le premier ministre répondait positivement à la première recommandation du rapport du juge à la retraite Jacques Viens. Mais sa deuxième recommandation s’avère plus sensible pour le gouvernement Legault.  

« Il faut être prudent. D’accord avec les principes [de la Déclaration des Nations Unies], mais on veut garder le territoire québécois de façon indivisible, protéger l’autodétermination. Je vois que le chef du Parti québécois est d’accord avec moi. Donc on va faire ça correctement », a dit M. Legault jeudi.  

La recommandation du rapport Viens vise à reconnaître et mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, dont celui à l’autodétermination.  

« À quelques mètres d’ici, on est devant la cour contre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral sur la question d’une juridiction qui ne nous est pas reconnue. Dans les arguments qui sont défendus par le Québec, on parle des services policiers autochtones comme n’étant pas des services essentiels. Et le gouvernement du Québec réitère sa position traditionnelle à l’effet que les Premières Nations n’ont pas droit à l’autodétermination. C’est extrêmement inquiétant, et appelons ça un malheureux hasard que ça se fasse en même temps que le discours du premier ministre », affirmait d’ailleurs mercredi Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL).