(Québec) Le gouvernement Legault doit faire en sorte que l’autobus et le métro soient accessibles gratuitement vendredi à l’occasion de la grande marche pour le climat qui aura lieu dans plusieurs villes québécoises, affirme Québec solidaire (QS).

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

La co-porte-parole du parti Manon Massé a envoyé une lettre hier à la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, et à son collègue aux Transports, François Bonnardel. Elle leur demande d’inviter neuf sociétés de transport à offrir leurs services sans frais à l’occasion de la grève mondiale pour le climat du 27 septembre.

Quelque 300 000 personnes sont attendues dans les rues de Montréal, un rassemblement auquel participera notamment la jeune militante suédoise Greta Thunberg. Des rassemblements sont aussi prévus dans plusieurs autres villes.

Mme Massé estime que Québec ferait d’une pierre deux coups en favorisant l’usage de l’autobus et du métro.

« Donner accès gratuitement aux transports en commun nous apparaît comme un geste nécessaire en vue de permettre aux nombreux participants de prendre part aux rassemblements, mais aussi pour faciliter la vie aux milliers de personnes qui se rendront au travail ce vendredi et qui risquent de se retrouver coincées dans des bouchons de circulation monstres à l’impact environnemental considérable », écrit-elle.

Une journée « exceptionnelle »

En entrevue, la députée fait valoir que la journée de vendredi sera « exceptionnelle », à la fois pour l’importance de la cause et pour l’ampleur de la mobilisation. Elle encourage le gouvernement Legault à faire un « geste simple » pour l’occasion.

Elle calcule que l’abolition de la tarification pour une journée coûtera environ 900 000 $ aux sociétés de transport. Elle propose que le gouvernement les dédommage par la suite pour les revenus perdus.

« Les sociétés de transport ont déjà de la misère à arriver, note-t-elle. Elles n’ont pas la capacité d’offrir le service gratuit cette journée à tous les gens qui prendraient le transport collectif. Le gouvernement du Québec, qui nage dans les surplus, a la capacité d’envoyer un message fort et de compenser cette journée-là. »

Les étudiants attendus

Bon nombre d’universités et de cégeps ont annulé des cours pour permettre aux étudiants de prendre part à la marche. La Commission scolaire de Montréal a aussi annoncé la tenue d’une journée pédagogique, elle aussi pour encourager la participation à la mobilisation.

Selon le collectif La Planète s’invite à l’université, 160 000 étudiants devraient débrayer vendredi. Il prévoit que ce sera l’une des plus importantes grèves de 24 heures de l’histoire du mouvement étudiant.

Québec solidaire, qui a fait de la lutte contre les changements climatiques le thème principal de son action politique, appelle les Québécois à prendre la rue eux aussi. Ses 10 députés marcheront dans leur région respective et verseront l’équivalent d’une journée de salaire à des organismes environnementaux.

En mars, le parti a lancé un « ultimatum » au gouvernement caquiste. Il lui donne jusqu’en septembre 2020 pour adopter une série de mesures environnementales. Faute de quoi, il compte multiplier les gestes d’obstruction à l’Assemblée nationale.