(Québec) Le système de la consigne du verre doit être élargi, ont convenu les partis à l’Assemblée nationale dans un rapport déposé jeudi.

Patrice Bergeron
La Presse canadienne

Les quatre partis devaient s’entendre sur des solutions à la crise du recyclage du verre qui frappe le Québec depuis plusieurs années.

Ils avaient tenu des consultations avec une commission parlementaire dont le mandat était d’arriver à des recommandations.

Mais mercredi en fin de journée, la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti libéral (PLQ), Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) n’arrivaient toujours pas à formuler ensemble des pistes de solution.

Jeudi toutefois, leur rapport a été déposé et il propose notamment d’« élargir diligemment le système de consigne […] notamment sur les bouteilles de vin et les spiritueux ».

Plusieurs participants aux consultations avaient exprimé leur opposition à une consigne élargie en raison des contraintes techniques et des coûts. La Société des alcools du Québec (SAQ), sans avoir préconisé la consigne de ses bouteilles, a laissé entendre qu’elle se conformera si le gouvernement prend cette décision, rappelle le rapport.

« Rien n’indique qu’il serait possible de réemployer ou même de recycler les quelque 240 millions de bouteilles de vin et de spiritueux mises en marché annuellement par la SAQ », peut-on lire.

Parmi les autres recommandations figure aussi l’interdiction de l’enfouissement du verre dans les lieux d’enfouissement techniques, c’est-à-dire les sites d’enfouissement spécialisés réservés à certaines matières ou certains déchets.

En outre, il réclame de « renforcer la responsabilité élargie des producteurs » : en vertu de ce concept, un fabricant est responsable de son produit jusqu’à compenser les services municipaux pour les coûts de la collecte, du tri du transport et du conditionnement des matières résiduelles.

Le rapport propose également de soutenir financièrement la modernisation des centres de tri pour améliorer la qualité des matières triées. Il demande aussi de développer des débouchés locaux pour le verre recyclé et d’améliorer les mécanismes de traçabilité des matières résiduelles.

Le mémoire rappelle que c’est la fermeture du plus important conditionneur de verre au Québec, en 2013, qui a entraîné l’effondrement du marché du verre issu de la collecte sélective. Depuis, il revient moins cher aux centres de tri de s’en débarrasser dans les lieux d’enfouissement technique.

La performance du Québec en matière de conditionnement et de recyclage du verre s’est donc considérablement détériorée. L’usage du verre dans les lieux d’enfouissement technique a augmenté de 20 % à 86 %, tandis que la proportion de verre issu de la collecte sélective acheminée aux fins de conditionnement et de recyclage est passée de 79 % à 14 %.