(Québec) Les partis d’opposition entendent faire barrage au projet de loi 34, qui veut soustraire Hydro-Québec à l’examen annuel de la Régie de l’énergie, estimant que les consommateurs vont se faire « crosser » par une telle réforme.  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

L’expression colorée, utilisée mardi par le député Saul Polo du Parti libéral du Québec (PLQ), vise à illustrer le caractère « insensé » du projet de loi caquiste.  

« [Hydro-Québec] est un monopole d’État [et] le projet de loi vise à retirer des pouvoirs à la Régie de l’énergie, un organe réglementaire qui cherche à encadrer [ce] monopole. […] Où ailleurs dans le monde cherche-t-on à déréglementer un secteur qui est un monopole d’État ? C’est honnêtement insensé », a-t-il affirmé.  

Le projet de loi 34, déposé en juin dernier et analysé cette semaine en commission parlementaire, affranchie Hydro-Québec de plusieurs contrôles de la Régie de l’énergie sur sa tarification. Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, propose entre autres d’abolir le mécanisme de traitement des écarts de rendement, de remettre 500 millions aux clients dès le début de 2020, de geler les tarifs d’hydroélectricité pour l’année 2020 et de fixer ces tarifs selon le taux d’inflation pour les années 2021 à 2024.  

La députée Ruba Ghazal de Québec solidaire (QS) rappelle pour sa part que « si on regarde les années passées, les tarifs d’hydroélectricité grâce à la Régie de l’énergie […] étaient plus bas que l’inflation. […] Les Québécois sont donc perdants [avec ce projet de loi]. »

Le député péquiste Sylvain Gaudreault estime pour sa part que Québec souhaite déréglementer les tarifs d’hydroélectricité pour qu’Hydro-Québec devienne encore plus la « vache à lait du gouvernement ».  

– Avec La Presse canadienne