(Rivière-du-Loup) Les surplus seront grugés en bonne partie par des engagements électoraux « qui coûtent cher ». Alors « il n’y en a plus de marges de manoeuvre », dit le premier ministre François Legault aux syndicats des secteurs public et parapublic. Le demi-million de travailleurs de l’État devra se contenter de hausses salariales limitées à l’inflation selon lui.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Il y aurait quelques exceptions, comme les enseignants en début de carrière et les préposés aux bénéficiaires.

François Legault a voulu mettre la table pour les négociations à venir avec ses employés à la fin de la réunion de son caucus à Rivière-du-Loup, vendredi, en prévision de la rentrée parlementaire la semaine prochaine.

Les coffres bien garnis du gouvernement suscitent l’envie. Et M. Legault a voulu dégonfler les attentes des centrales syndicales comme des villes, avec qui il négocie un nouveau pacte fiscal.

Grâce à une croissance économique plus forte que prévu,  les surplus du gouvernement ont atteint 4,4 milliards de dollars l’an dernier. La tendance est similaire pour cette année : la croissance prévue dans le budget est de 1,8 % mais on se retrouve déjà à 2,2 %.

Or « une bonne partie » des surplus sera épuisée raison des engagements électoraux du gouvernement, a indiqué M. Legault. La baisse de la taxe scolaire a un coût plus élevé que prévu, près d’un milliard de dollars. Et la facture des nouvelles allocations familiales promises atteint entre 700 et 800 millions.

« Je veux être très clair avec les syndicats, je veux être très clair avec les municipalités : il n’y a pas actuellement de marges de manœuvre une fois qu’on respecte nos engagements », a affirmé François Legault. Et le gouvernement tient à respecter ses promesses visant à « remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois ». « Les surplus appartiennent aux Québécois, ils n’appartiennent pas aux groupes de pression, ils n’appartiennent pas aux syndicats », a-t-il insisté.

Le premier ministre a ainsi indiqué que pour les employés de l’État, « il va falloir s’en tenir au taux d’inflation » à titre d’augmentations salariales pour les années à venir.

Pour M.  Legault, c’est fini « l’habitude qu’on a au Québec, le grand soir, dans le bureau du premier ministre à 2 heures du matin, où on décide d’augmenter de 2 ou 3 % tout le monde, peu importe si on a de la difficulté à recruter ou non ». Il convient que les négociations ne seront « pas faciles ».

Les conventions collectives prennent fin le 31 mars prochain. Les centrales syndicales doivent déposer leurs demandes d’ici la fin octobre. La CSN consulte ses membres en vue de réclamer 3 $ l’heure la première année et des hausses de 3 % par année pour la suite. La CSQ envisage de demander 3 % par année. La FTQ n’a pas encore avancé de chiffres. Les stratégies différentes des centrales syndicales expliquent qu’il n’y ait aucun front commun formé à ce jour. Il est acquis que cette fois-ci, le Syndicat de la fonction publique n’en fera pas partie.

Voici le taux d’inflation des dernières années au Québec selon l’Institut de la statistique :

2018 : 1,7 %

2017 : 1,1 %

2016 : 0,7 %

2015 : 1,1 %

2014 : 1,4 %

2013 : 0,7 %

Depuis 2016, les employés de l’État ont eu droit à des augmentations annuelles de 1,5 %, 1,75 %, 2 % et, en moyenne, 2,4 % pour cette année.