(RIVIÈRE-DU-LOUP) Toute réforme du mode de scrutin sera soumise à un référendum en même temps que les élections générales de 2022. Le prochain scrutin se tiendra donc sur le mode actuel, malgré ce que disait François Legault en campagne électorale.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Le caucus des députés caquistes a donné son appui à cette position lors d’une réunion à Rivière-du-Loup pour préparer la rentrée parlementaire, le 17 septembre. La Presse avait déjà révélé les intentions du gouvernement Legault plus tôt cette semaine.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La ministre québécoise de la Justice Sonia LeBel

La ministre Sonia LeBel déposera d’ici le 1er octobre comme prévu un projet de loi pour inclure une part de proportionnelle au mode de scrutin. En matinée jeudi, sans confirmer ni infirmer la tenue éventuelle d’un référendum, elle préparait déjà le terrain. « Depuis le début, on dit que c’est important de faire des consultations, et le référendum est une forme de consultation », a-t-elle affirmé.

Le gouvernement avait comme « objectif » de réformer le mode de scrutin en prévision des prochaines élections, mais « force est de constater que cet objectif-là est difficilement atteignable », a ajouté Mme LeBel. Donc le prochain scrutin se fera selon le mode actuel ? « Je pourrais vous dire oui sans problème », a-t-elle répondu. « Le rapport du DGEQ a été le premier pas dans cette direction-là. » Ce dernier indiquait qu’il faudrait de 30 à 42 mois pour préparer des élections générales sous un nouveau mode de scrutin.

Jeudi, le premier ministre a soutenu que son engagement électoral était de déposer un projet de loi pour réformer le mode de scrutin. « C’est ce qu’on va faire », a-t-il soutenu.

Or François Legault était allé plus loin en campagne électorale. Il avait répondu qu’« effectivement », le scrutin alors en cours était le dernier sous le mode actuel. Et ce, même en considérant les délais du DGEQ : ce dernier « a demandé deux ans et demi pour faire des modifications sur le terrain. Si on dépose (le projet de loi) la première année, on va être prêt pour 2022 », disait M. Legault le 10 septembre 2018.

Québec solidaire accuse le gouvernement « de se cacher lâchement derrière le DGE pour faire tomber la réforme du mode de scrutin que plus de 70 % des Québécois réclament ».

« La vérité, c’est que le gouvernement de la CAQ est en train de céder à la pression de certains de ses députés d’arrière-ban qui craignent de perdre leur siège, et il est prêt à instrumentaliser le DGE pour que son recul passe comme une lettre à la poste », a ajouté son co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.