(Québec) La nouvelle déléguée générale du Québec à Dakar, Fatima Houda-Pepin, doit son poste à son ancien patron et némésis Philippe Couillard, souligne la députée libérale Christine St-Pierre.

Caroline Plante
La Presse canadienne

L’ex-ministre des Relations internationales a été appelée à se prononcer sur la nomination de Mme Houda-Pepin, une ancienne collègue libérale, en entrevue à La Presse canadienne diffusée jeudi.

Elle a rappelé que, comble de l’ironie, c’est M. Couillard qui a décidé d’ouvrir cette toute première délégation générale sur le continent africain.

« J’espère, quand elle va être assise dans son bureau à Dakar, au Sénégal, qu’elle va se souvenir que celui qui a décidé qu’on aurait une délégation générale du Québec en Afrique, c’est Philippe Couillard et c’est à lui qu’elle doit sa job », a-t-elle déclaré sur un ton sans appel.

Fatima Houda-Pepin s’était brouillée avec le caucus libéral, et surtout avec l’ex-premier ministre Couillard, en 2013, sur la question de la laïcité de l’État.

Les libéraux soutenaient alors qu’elle avait quitté le caucus de son plein gré, mais elle a toujours prétendu en avoir été expulsée, en raison de ses idées sur la laïcité et le port de signes religieux.

Musulmane, elle se disait inquiète de la montée de l’intégrisme et contestait la position de son parti, qui rejetait toute interdiction de porter des signes religieux, par respect des droits fondamentaux.

Elle a siégé quelques mois comme députée indépendante à l’Assemblée nationale, en 2014, et a tenté en vain de conserver sa circonscription lors des élections générales. Depuis 2016, elle tenait une chronique dans Le Journal de Montréal.

« Elle a beaucoup multiplié les sorties contre Philippe Couillard dans tout ce qu’elle a écrit, des sorties très injustes envers un homme qui ne méritait pas ça », affirme Christine St-Pierre.

« Sa job, elle la doit aujourd’hui à Philippe Couillard », a-t-elle insisté.

Les bureaux du Québec à Dakar étaient fonctionnels depuis 2016, mais le statut officiel de délégation générale n’a été obtenu qu’en 2018. Pour le gouvernement précédent, l’idée consistait à étendre le rayonnement diplomatique, culturel et économique du Québec, membre actif de la Francophonie, à travers ce continent trop souvent négligé.