(Bromont) Le siège laissé vacant par Sébastien Proulx est encore chaud que les libéraux se préparent déjà à la guerre dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec, le dernier château fort qu’il leur reste à l’est de Montréal.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le siège laissé vacant par Sébastien Proulx est encore chaud que les libéraux se préparent déjà à la guerre dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec, le dernier château fort qu’il leur reste à l’est de Montréal.

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Arcand, a tu quelques rumeurs, hier, tout en alimentant d’autres spéculations pour savoir qui se présentera pour remplacer l’ex-ministre de l’Éducation et leader parlementaire. Véronyque Tremblay, ex-ministre déléguée aux transports dans le gouvernement de Philippe Couillard et aujourd’hui directrice générale du parti, ne sera pas de la ligne de départ, a d’abord confirmé M. Arcand.

« J’ai entendu cette rumeur [sur une candidature de Véronyque Tremblay] depuis une semaine et je peux vous dire que Mme Tremblay ne sera pas candidate dans Jean-Talon », a affirmé M. Arcand. La circonscription de Jean-Talon, au cœur de la haute-ville de Québec, est acquise aux libéraux depuis la Révolution tranquille.

Mais Gertrude Bourdon, qui avait représenté les libéraux dans la circonscription de Jean-Lesage, pourrait-elle être intéressée à cette élection partielle, lui a-t-on demandé ?

« Je vous dis que Mme Tremblay ne sera pas candidate dans Jean-Talon », a-t-il répondu devant son caucus qui riait.

Bientôt le porte-à-porte

« Il est clair qu’on veut une victoire et qu’on va tout faire pour l’avoir », a déclaré M. Arcand, sachant que la Coalition avenir Québec (CAQ) bataillera fort pour gagner la prochaine élection partielle. Si la date de l’élection n’est toujours pas connue, Pierre Arcand a assuré jeudi que ses députés feraient du porte-à-porte lors de campagne électorale pour que leur formation politique ne soit pas orpheline de circonscription dans l’est du Québec.

Radio-Canada a également rapporté jeudi que Paul-Christian Nolin, l’attaché de presse du maire de Québec, Régis Labeaume, aurait également été approché par le Parti libéral qui aurait sondé son intérêt pour une éventuelle candidature. « Il n’y a aucune demande formelle », a toutefois nuancé ce dernier à la société d'État.

« J’ai demandé à la directrice générale du parti, Véronyque Tremblay, de rencontrer des gens […] Nous serons prêts lorsque M. Legault déclenchera des élections », a pour sa part affirmé M. Arcand.

Divisés sur la langue, unis pour l’aide médicale à mourir

Si les libéraux ont montré un caucus divisé ces derniers jours sur le front linguistique – notamment en ce qui concerne l’utilisation du désormais fameux « Bonjour Hi » dans les commerces – le caucus du chef par intérim Pierre Arcand s’est dit uni, jeudi, sur la réaction que Québec doit avoir face au jugement invalidant certains critères de la loi balisant l’accès à l’aide médicale à mourir. Les libéraux souhaitent que Québec ne porte pas le jugement en appel.

Christine St-Pierre, qui avait notamment voté contre la loi lors de son adoption (en vote libre) en 2014, a expliqué jeudi qu’elle avait « cheminé » sur la question.


« À l’époque, j’avais voté contre cette loi [pour des raisons] morales. J’avais beaucoup de difficulté [à] laisser à des médecins la possibilité de mettre fin aux jours de personnes malades. Mais j’ai suivi la situation de prêt, j’ai regardé les histoires qui sont sorties dans es journaux et mon opinion a cheminé », a expliqué la députée libérale.


« Je craignais des dérapages, des personnes qui se sentiraient obligées de demander l’aide médicale à mourir parce que leurs enfants trouveraient qu’il est temps qu’elles partent (…). [Mais] ce que j’ai vu comme histoires, ce n’est pas ça. (…) Il ne semble pas y avoir eu d’excès », a-t-elle ajouté.

Aujourd’hui, Mme St-Pierre souhaiterait qu’on évalue la possibilité de revoir la loi, afin de la rendre encore plus accessible, mais que ce débat se fasse à l’Assemblée nationale et qu’il soit à nouveau validé par un vote libre.