(Québec) Le commissaire permanent de l’UPAC sera nommé au plus tard en octobre, a affirmé lundi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Elle a par ailleurs nié que son ministère soit à l’origine d’une fuite de documents confidentiels sur une ex-policière qui a enquêté sur le député Guy Ouellette.

«Je partage et je comprends l’impatience des Québécois qui entendent toutes sortes d’histoires depuis des années sur les enquêtes, sur l’UPAC, toutes sortes de situations qui finissent par s’entremêler un peu dans l’esprit des gens, a dit la ministre lundi. Pour ce qui est de l’UPAC, la meilleure chose qu’on puisse faire en ce moment, c’est de la doter d’un nouveau commissaire officiel.»

L’Unité permanente anticorruption est sans commissaire permanent depuis que Robert Lafrenière a annoncé sa démission sans explication le 1er octobre dernier, le jour même des élections. Le poste est occupé sur une base intérimaire par Frédérick Gaudreau.

LE SOLEIL

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Le gouvernement Legault a depuis fait adopter le projet de loi 1, qui prévoit que le nouveau chef de l’unité sera nommé au terme d’un vote aux deux tiers de l’Assemblée nationale.

Un comité indépendant étudie présentement les candidatures des 59 personnes qui ont manifesté leur intérêt pour la fonction. Il soumettra prochainement une courte liste d’au moins deux noms au gouvernement caquiste. Lorsque celui-ci arrêtera son choix, il permettra aux partis de l’opposition de rencontrer le candidat.

«Je peux vous dire qu’on devrait nommer un nouveau commissaire à l’UPAC au maximum en octobre», a assuré Mme Guilbault.

Documents confidentiels

La ministre a par ailleurs assuré que son organisation n’est pas à l’origine de la fuite de documents confidentiels concernant l’ex-enquêteuse de l’UPAC, Caroline Grenier-Lafontaine. Dans une lettre envoyée au gouvernement par son avocat Guy Bertrand, cette policière se dit victime d’une campagne de salissage et presse Québec de faire cesser les fuites médiatiques qui la concerne.

«Ce n’est pas le ministère de la Sécurité publique qui a remis ces documents-là à des représentants des médias ou autres», a-t-elle ajouté.

PC

Guy Ouellette

Les médias de Québecor ont publié la semaine dernière deux documents qui détaillaient les soupçons qui pèsent sur Mme Grenier-Lafontaine. On y allègue qu’elle aurait travaillé «de façon à orienter faussement l’enquête» sur Guy Ouellette et qu’elle aurait intercepté ses communications illégalement.

Dans sa lettre, Me Bertrand met ouvertement en cause le ministère de la Sécurité publique. Il soupçonne des fonctionnaires d’être à l’origine de la fuite.

Il n’en est rien, a assuré la ministre Guilbault.

«Ces deux documents avaient déjà été rendus disponibles dans le cadre d’un autre processus judiciaire concernant un autre dossier de l’UPAC, a-t-elle dit. Donc ces documents étaient déjà accessibles.»