(Ottawa) Les chefs de partis fédéraux profitent de la fête du Travail pour faire la cour aux travailleurs dans une région bien particulière marquée par les luttes syndicales.

Stephanie Levitz
La Presse canadienne

Le premier ministre libéral Justin Trudeau, le chef de l’opposition conservatrice Andrew Scheer et le chef néo-démocrate Jagmeet Singh sont tous les trois à Hamilton, en Ontario, en ce lundi férié.

PC

Justin Trudeau marche en compagnie de membres du Laborers' International Union of North America.

La ville de Hamilton a une longue histoire de luttes syndicales et entretient des liens étroits avec les mouvements de défense des droits des travailleurs puisqu’elle représente l’épicentre de l’industrie canadienne de l’acier et de tout ce qui en découle.

C’est là, dans les années 1870, que les travailleurs ont lancé un mouvement de pressions sur le gouvernement afin qu’il légifère en faveur de journées de travail plus courtes. Une bataille qui a mené à la création d’un premier syndicat national.

La région de Hamilton compte cinq circonscriptions fédérales. Les libéraux et le Nouveau Parti démocratique (NPD) en détiennent chacun deux et les conservateurs, une seule. Plusieurs de ces circonscriptions pourraient connaître des courses serrées entre les trois partis.

PC

Jagmeet Singh a participé à un rassemblement à Toronto, lundi, avant de se déplacer vers Hamilton.

Jagmeet Singh s’est adressé aux travailleurs, promettant que si le NPD est élu, son gouvernement interdirait le recours aux briseurs de grève. Il a aussi promis de hausser le taux horaire minimum fédéral à 15 $ ainsi que d’instaurer des indemnités pour les travailleurs à temps partiel et les contractuels.

«C’est ce que vous obtenez avec un néo-démocrate, a déclaré M. Singh lors d’un rassemblement à Toronto avant de se déplacer vers Hamilton. Vous gagnez quelqu’un à vos côtés.»

Jagmeet Singh a été invité à Hamilton par une organisation locale de travailleurs, alors que Justin Trudeau a été invité par l’association locale de l’Union internationale des journaliers d’Amérique du Nord, qui représente notamment les travailleurs de la construction.

Des manifestants attendent Justin Trudeau

Dans un communiqué, le premier ministre a mis de l’avant les investissements de son gouvernement dans la formation professionnelle et la création de l’Allocation canadienne pour la formation visant à favoriser le développement de compétences.

Il a décrit la main-d’œuvre canadienne comme «la pierre angulaire» de l’avenir du pays.

«Nous défendrons toujours les travailleurs et leurs familles. Nous allons veiller à ce qu’ils aient le soutien dont ils ont besoin pour réussir dans les emplois d’aujourd’hui et de demain », a-t-il déclaré.

PC

Des manifestants anti-Trudeau ont tenté d'interrompre le défilé lundi.

Un groupe de manifestants a brièvement interrompu le défilé des syndicats, ce qui a forcé le premier ministre à rejoindre les marcheurs quelques intersections plus loin que prévu. Il s’est ensuite dirigé vers un pique-nique où les mêmes manifestants l’attendaient.

Ceux-ci l’ont interpellé afin que le gouvernement agisse et vienne en aide aux gens de la Première Nation de Grassy Narrows qui souffrent d’empoisonnement au mercure.

Le soutien des syndicats est traditionnellement partagé entre le Parti libéral et le NPD, mais ils sont généralement opposés au Parti conservateur.

En 2015, les syndicats étaient unis contre l’ex-premier ministre conservateur Stephen Harper et ils ont renouvelé cette alliance pour s’opposer au Parti conservateur aujourd’hui dirigé par Andrew Scheer.

Dans sa déclaration de la journée, le chef conservateur a tout de même tenu à saluer le mouvement des travailleurs.

«Quand les Canadiens réussissent, notre pays prospère, a-t-il souligné. À la fête du Travail, j’encourage tous les Canadiens à réfléchir à notre histoire, à célébrer les travailleurs que vous connaissez et à accueillir les nouveaux Canadiens qui arrivent au Canada.»