(Québec) Les discussions entre le gouvernement Legault et l’opposition achoppent sur la tenue d’une commission parlementaire concernant la protection des données personnelles.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Lors d’une rencontre d’à peine 30 minutes mercredi matin, les députés de la commission des finances publiques ne se sont pas entendus sur la portée d’un tel mandat.

Les trois partis d’opposition ont proposé que la commission porte sur « la protection des données des Québécois détenues par les institutions publiques et privées » et qu’une vingtaine d’experts et de groupes soient entendus, dont Desjardins, Capital One et Revenu Québec, qui ont tous fait l’objet d’une fuite de renseignements cet été.

Or, les élus de la Coalition avenir Québec ont plutôt réclamé que le mandat porte strictement sur les événements survenus chez Desjardins, comme le Parti québécois l’avait suggéré au début de juillet avant de se raviser compte tenu des autres fuites de renseignements survenus par la suite.

« Je suis déçu et un peu déboussolé », a commenté le péquiste Martin Ouellet. Il soupçonne le gouvernement Legault de vouloir « faire vite et peu », et s’assurer que les travaux de la commission aillent dans le sens qu’il souhaite.

Pour les libéraux, le gouvernement « a choisi de politiser cet enjeu » et veut « lever le moins possible le voile sur les problèmes » dans la protection des données personnelles. Les élus caquistes ont rejeté l’idée d’un mandat élargi en faisant miroiter le dépôt éventuel d’un projet de loi sur toute la question de la protection des données personnelles, sans toutefois donner de détails. « C’est du pelletage par en avant », ont déploré les libéraux.

Il y a deux semaines, le ministre des Finances, Eric Girard, annonçait le dépôt d’un projet de loi cet automne pour encadrer les agences de crédit dans le but de mieux protéger les renseignements des Québécois. Il tenait alors pour acquis que le gouvernement allait accepter la proposition de l’opposition concernant la tenue d’une commission parlementaire. « Si, lors de la commission parlementaire […], il y a d’autres suggestions, c’est certain qu’on va les regarder », disait-il.

L’opposition compte demander une nouvelle réunion de la commission des finances publiques pour rediscuter de la tenue d’une commission parlementaire.