(Ottawa) Les parents de Jack Letts, ce Canado-Britannique emprisonné dans le nord de la Syrie, fustigent le chef conservateur Andrew Scheer pour avoir déclaré qu’il ne lèvera pas le petit doigt pour aider leur fils.

Jim Bronskill
La Presse canadienne

M. Scheer réagirait différemment si c’était son propre enfant qui était enfermé dans un cachot étranger sans avoir accès à un avocat ou à un membre de sa famille, ont déclaré John Letts et Sally Lane, dans un communiqué transmis jeudi.

Le couple, qui vit à Oxford, en Angleterre, dit que le temps est venu pour les politiciens fédéraux de faire preuve de leadership et de démontrer que le Canada peut protéger les droits et les libertés de tous ses citoyens.

Les questions sur le sort de Jack Letts, actuellement détenu dans une prison kurde en Syrie, ont récemment fait surface à la suite de la décision britannique de révoquer sa citoyenneté.

Selon ses parents, Jack Letts, qui détient toujours la citoyenneté canadienne, s’est rendu en Syrie pour des raisons religieuses et humanitaires, et non pour se battre pour le groupe armé État islamique (EI).

Ils ont ajouté qu’il est irresponsable de la part de M. Scheer et du gouvernement britannique « de renvoyer la balle » à d’autres pays pour s’occuper des Occidentaux détenus en Syrie après la défaite de l'EI.

L’an dernier, John Letts avait reproché à M. Scheer et à des députés conservateurs d’avoir faussement déclaré que Jack Letts était un terroriste parti à l’étranger pour se battre pour Daech.

« M. Scheer et ses collègues ont continué de répandre des mensonges sur notre fils afin d’avoir l’air durs face au terrorisme, peut-on lire dans le communiqué. En 2018, nous leur avons proposé de montrer toutes les preuves dont nous disposons au sujet de Jack, y compris des documents judiciaires non divulgués qui, à notre avis, prouvent son innocence. Il [M. Scheer] a refusé de nous parler. »

Quelques messages publiés sur Facebook semblent indiquer que Jack Letts était dans un « état d’esprit extrémiste ». Selon ses parents, le compte a été détourné par Daech.

Quant aux déclarations potentiellement incriminantes exprimées par Jack Letts — lors d’entretiens accordés à la BBC et à ITV —, elles auraient été faites sous la menace de la torture.

Simon Jefferies, un porte-parole du chef conservateur, a déclaré jeudi que M. Scheer avait toujours été clair à ce sujet. « Il ne lèvera pas le petit doigt pour ramener quelqu’un qui s’est décrit comme un terroriste au Canada. »

Le gouvernement libéral n’a pas fait preuve d’un grand enthousiasme quant à l’idée d’obtenir la libération de Jack Letts.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré lundi qu’il était illégal de voyager à l’étranger dans le but de soutenir le terrorisme, ajoutant que le Canada prendra tous les moyens nécessaires pour traduire en justice tout Canadien impliqué dans le terrorisme ou l’extrémisme violent.

Le gouvernement canadien s’est dit déçu dimanche que le Royaume-Uni ait décidé de « se décharger de ses responsabilités » en retirant à Jack Letts sa citoyenneté britannique.