(Québec) L’opposition officielle appelle le gouvernement caquiste à joindre sa voix à la campagne d’appui aux médias régionaux et locaux lancée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

Patrice Bergeron
La Presse canadienne

Le Parti libéral (PLQ) déplore du même souffle le manque de leadership de la ministre des Communications, Nathalie Roy, dans la crise qui secoue actuellement les médias québécois.

Le PLQ se rallie ainsi au mouvement de mobilisation de la FPJQ né à la suite des révélations sur les difficultés du Groupe Capitales Médias (GCM), qui publie Le Soleil dans la Vieille-Capitale et tous les quotidiens régionaux du Québec.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

La porte-parole libérale en matière de culture et de communications, Isabelle Melançon,

La porte-parole libérale en matière de culture et de communications, Isabelle Melançon, demande maintenant aux élus caquistes de manifester à leur tour leur appui à la campagne de la FPJQ.

Donc, Mme Melançon appelle ses vis-à-vis de la Coalition avenir Québec (CAQ) à publier dans les réseaux sociaux une photo de leur quotidien, leur hebdomadaire ou leur radio ou télévision locale.

Selon la députée de Verdun, il faut que tous les partis en Chambre prennent part à la campagne, parce que « l’information, c’est le savoir, le savoir, c’est la liberté, et la liberté, c’est la démocratie », a-t-elle insisté, dans une entrevue avec La Presse canadienne jeudi après-midi.

Le message qu’elle a lancé dans une petite vidéo publiée par l’entremise de son compte Twitter avait été visionné près de 3000 fois en fin d’après-midi jeudi, tandis qu’elle disait avoir reçu tellement de courriels de sympathisants qu’elle n’arrivait plus à y répondre.

GCM a obtenu la protection de la cour pour se mettre à l’abri de ses créanciers et a reçu une aide d’urgence de 5 millions d’Investissements Québec pour maintenir ses activités, mais un repreneur devra récupérer l’entreprise avant la fin de l’année. Québecor et Métro Média ont manifesté leur intérêt.

Mme Melançon a dit craindre « l’effet domino » sur d’autres médias si GCM est démantelé, notamment sur l’agence La Presse canadienne, qui compte les journaux de GCM parmi ses abonnés.

« Cela a une ampleur qu’on ne soupçonne pas, on a besoin d’avoir de la bonne information au Québec », a-t-elle dit.

Elle a cité la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, qui a dit cette semaine avoir « saisi la précarité de la situation », pour lui reprocher d’avoir pris conscience trop tard de l’urgence d’agir, alors que des signaux avaient été émis en avril par GCM et qu’un comité interministériel avait été mis sur pied.

Mme Melançon estime que Mme Roy ne maîtrise pas du tout le dossier et qu’elle a été supplantée dans les faits par son collègue le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui a annoncé l’aide financière et la marche à suivre.

Enfin, la députée de Verdun accuse le premier ministre François Legault d’envoyer des messages contradictoires : il a appelé les Québécois mercredi à appuyer les médias locaux et à s’abonner aux journaux, mais en même temps, il refuse de réacheminer toute la publicité gouvernementale dans les médias québécois plutôt que dans Facebook ou d’autres réseaux sociaux.

Rappelons qu’une commission parlementaire sur les médias amorcera ses travaux la semaine prochaine à l’Assemblée nationale, tandis que le gouvernement Legault planche actuellement sur un programme d’aide qui sera accessible à tous les médias.

Le Groupe Capitales Médias est un abonné de l’agence La Presse canadienne. Outre Le Soleil, l’entreprise possède Le Droit d’Ottawa-Gatineau, Le Nouvelliste de Trois-Rivières, La Tribune de Sherbrooke, La Voix de l’Est de Granby, Le Quotidien et Le Progrès week-end à Saguenay.