(Québec) Le gouvernement est prêt à offrir un programme d’aide «permanent» aux médias écrits, mais on ne peut le blâmer d’acheter des publicités chez les géants du web, «là où sont les gens», soutient François Legault. Le premier ministre appelle les Québécois à soutenir financièrement les médias, car leur sauvegarde est à ses yeux une responsabilité partagée.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

À son arrivée à une réunion du conseil des ministres mercredi, M. Legault a observé que la population «peut-être sous-estime l’importance dans notre société d’avoir des médias québécois qui nous informent bien».

«Les Québécois doivent comprendre qu’on a besoin des médias d’ici pour s’informer. Ça fait partie de la démocratie», a-t-il insisté.

«J’en profite pour inviter tous les Québécois à s’abonner à des journaux, à des médias d’ici au Québec, à les consulter le plus possible. Il faut protéger ces médias-là. Donc oui, il y a une responsabilité qui va venir du gouvernement, il faudra voir aussi ce qu’on fait avec le gouvernement fédéral, mais il faut aussi qu’il y ait une responsabilité qui vienne des individus.»

Il a souligné qu’il y a un prix à produire l’information. «Les Québécois sont contents d’avoir ça gratuitement. Mais il n’y a rien de gratuit dans la vie. Il faut que quelqu’un paie», a-t-il dit.

Attendu fin septembre-début octobre, le programme d’aide aux médias écrits «sera permanent». M. Legault ne s’est pas avancé sur la forme que prendrait cette aide, soulignant qu’il tiendra compte des témoignages qui seront entendus lors de la commission parlementaire sur l’avenir des médias d’information, la semaine prochaine.

«Le plan doit être équitable, sera équitable. Il devra s’appliquer à tous les médias dans toutes les régions du Québec. Évidemment, il y aura des différences selon qu’on est dans une grande ville ou dans une petite ville, selon la formule de propriété qui est utilisée, selon le nombre de journalistes. Ce qu’on souhaite, c’est qu’il y ait le plus de journalistes possible qui soient embauchés dans les médias», a-t-il expliqué.

Or le premier ministre justifie l’achat de publicités des géants du web par l’État québécois. La chute des revenus publicitaires est la principale cause de la crise des médias.

«On ne peut pas blâmer les annonceurs, que ce soit les entreprises ou les gouvernements, d’aller là où sont les gens», a-t-il soutenu. «Un moment donné, il faut quand même être réaliste. Aujourd’hui, la façon dont les gens consomment leur information est différente de la façon d’il y a dix ans.» Pour lui, «ce ne serait pas réaliste que quelqu’un pense qu’on pourrait contourner» les Facebook de ce monde. Mais «c’est certain que plus il y aura de consommateurs de médias québécois, plus ce sera facile de convaincre tous les annonceurs d’aller vers ces médias-là», a-t-il ajouté.

Il renvoie la balle à Ottawa quant à l’idée de taxer les géants du web. «Il faut être prudent. Ça relève du fédéral», a-t-il répondu.