Après le Parti libéral, c’est au tour de Québec solidaire de dénoncer la décision du gouvernement Legault de suspendre temporairement un programme spécial qui permet aux diplômés étrangers des universités québécoises d’obtenir en moins d’un mois un Certificat de sélection du Québec.

Laura-Julie Perreault Laura-Julie Perreault
La Presse

« Encore une fois, l’obsession idéologique de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour la réduction de l’immigration mène à une décision qui sera mauvaise à tous les égards », a affirmé hier Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire et député de Gouin.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire et député de Gouin

« Des milliers de jeunes viennent étudier chaque année au Québec et l’un de nos défis est justement de les retenir ici ! On parle de jeunes qui étudient déjà ici et qui parlent français ! Il faut favoriser leur intégration au Québec, pas leur montrer la porte de sortie. C’est une décision tout simplement illogique », ajoute l’ancien leader étudiant.

Mercredi, le gouvernement caquiste a annoncé, par le truchement de la Gazette officielle du Québec, qu’il suspendait immédiatement et jusqu’au 1er novembre 2019 le volet du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) qui permettait aux étudiants étrangers maîtrisant le français d’obtenir le Certificat de sélection du Québec en moins d’un mois. Ce document, délivré par le gouvernement provincial, est une première étape cruciale dans le processus d’immigration, qui implique aussi les autorités fédérales, chargées d’accorder la résidence permanente.

Priorité aux travailleurs

Hier, Élisabeth Gosselin, attachée de presse du ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, a affirmé que la décision avait été prise non pas en lien avec la baisse de 20 % des seuils d’immigration adoptée par le gouvernement caquiste plus tôt cette année, mais, dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre, pour donner la priorité aux travailleurs détenant déjà un emploi au Québec depuis plus d’un an. Ces derniers peuvent toujours se prévaloir de la voie rapide par l’entremise du PEQ.

« On se l’explique mal ! »

Hier, l’explication de l’attachée de presse au sujet des motifs justifiant la suspension du programme destiné aux diplômés a fait bondir Christian Bernard, vice-président aux Affaires économiques et aux communications à Montréal International. Ce dernier a tenu à préciser la position de son organisation, qui a le mandat de recruter des étudiants à l’étranger et de faciliter leur rétention au Québec. « Notre compréhension est que le gouvernement a suspendu ce volet du programme parce qu’il y avait trop de demandes et qu’il doit respecter les seuils qu’il s’est donnés. Si ce n’est pas pour ça, c’est une curieuse décision. On se l’explique mal », a dit M. Bernard. « Les étudiants, ce sont les travailleurs de demain ! S’il y a des immigrants qui devraient être priorisés, ce sont bien les diplômés des universités québécoises. Ils ont déjà débuté leur intégration », ajoute-t-il.

Deux ans d’attente

L’an dernier, le Québec a accordé 10 711 Certificats de sélection du Québec (CSQ) par l’entremise du Programme de l’expérience québécoise, dont 5146 à des diplômés. Cette année, 8052 CSQ ont été délivrés de cette manière, dont 3236 à de nouveaux diplômés. Les personnes sélectionnées par le Québec peuvent cependant attendre jusqu’à deux ans et demi avant de recevoir leur résidence permanente, le gouvernement fédéral étant dans l’obligation de respecter les seuils d’immigration établis par le Québec année après année.