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Feu vert à Trans Mountain, nouveaux investissements dans les énergies vertes

(Ottawa) Moins de 24 heures après avoir fait adopter par la Chambre des communes une motion décrétant l'« urgence climatique nationale », le gouvernement Trudeau confirme qu'il donne le feu vert au projet d'agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain. Les travaux doivent commencer au cours des prochains mois.

Pour dorer la pilule, le gouvernement libéral promet d'investir tous les revenus liés à la réalisation de ce projet, ainsi que les profits liés à la privatisation éventuelle du pipeline, dans des projets permettant au Canada d'accélérer sa transition écologique.

Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé lui-même cette décision mardi après-midi, après la fermeture des marchés financiers, et après que son cabinet eut statué sur le sort de ce projet qui soulève les passions non seulement en Alberta et en Colombie-Britannique pour des raisons différentes, mais également ailleurs au pays.

M. Trudeau était accompagné par cinq de ses ministres, soit la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, le ministre des Finances, Bill Morneau, le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, le ministre des Transports, Marc Garneau et le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Jonathan Wilkinson.

« Aujourd'hui, j'annonce que notre gouvernement ira de l'avant avec le projet d'agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain. La décision vient tout juste d'être prise. L'entreprise planifie de commencer les travaux pendant la saison de construction. Mais nous avons aussi entendu les Canadiens qui nous ont dit qu'ils voulaient un avenir plus vert. C'est donc pourquoi nous avons décidé d'investir chaque dollar généré par ce projet dans la transition écologique du Canada », a déclaré M. Trudeau en conférence de presse.

Selon les calculs du premier ministre, Ottawa pourrait empocher des recettes fiscales additionnelles de 500 millions de dollars par année, une fois le projet terminé.

« On va investir cet argent ainsi que les profits générés par la vente de l'oléoduc dans des projets d'énergie renouvelable qui vont alimenter nos maisons, nos entreprises, et nos communautés pour des générations à venir », a ajouté M. Trudeau.

Alors que des Premières nations ont déjà brandi la menace de contester de nouveau l'agrandissement du pipeline devant les tribunaux, voire de faire dérailler le projet en organisant des manifestations, le premier ministre s'est aussi engagé à lancer une nouvelle ronde de consultations auprès des peuples autochtones afin de déterminer comment ils pourraient bénéficier directement du projet.

Selon les calculs du premier ministre, Ottawa pourrait... (PHOTO JONATHAN HAYWARD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE) - image 2.0

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Selon les calculs du premier ministre, Ottawa pourrait empocher des recettes fiscales additionnelles de 500 millions de dollars par année, une fois le projet terminé.

PHOTO JONATHAN HAYWARD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Cette décision était attendue de part et d'autre, même si cela risque de provoquer de vives réactions à quatre mois des élections fédérales. D'autant plus que le gouvernement Trudeau a décidé d'acheter le pipeline de la société américaine Kinder Morgan, l'an dernier, pour la somme de 4,5 milliards de dollars, afin de mener à bien les travaux d'agrandissement permettant de tripler la capacité de l'oléoduc qui relie déjà la ville d'Edmonton à celle de Burnaby, en banlieue de Vancouver.

En outre, M. Trudeau et plusieurs de ses ministres ont déclaré à maintes reprises dans le passé que ce projet est « dans l'intérêt national » en faisant valoir qu'il créera des milliers d'emplois tout en permettant de diversifier les exportations canadiennes de pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta vers d'autres marchés que les États-Unis.

Cette décision risque toutefois de donner un nouveau souffle au mouvement de contestation en Colombie-Britannique, où des Premières nations et des groupes environnementaux ont déjà réussi à retarder les travaux d'agrandissement évalués à 9,3 milliards de dollars en s'adressant aux tribunaux. Le gouvernement néo-démocrate de la province demeure aussi farouchement opposé au projet.

En matinée, les ministres du Québec n'avaient pas trop voulu s'avancer sur les risques politiques associés à ce geste. « Je pense que les Québécois sont conscients qu'il y a une transition énergétique qui doit s'effectuer », a notamment offert Mélanie Joly.

Dans le camp conservateur, où l'on réclame à cor et à cri la construction de pipelines pour transporter le pétrole de l'Ouest, on a cherché à mettre en doute le fait que le projet Trans Mountain se concrétise.

« Nous n'y croirons pas tant qu'il n'y aura pas une première pelletée de terre », a déclaré en Chambre la députée Lisa Raitt, en l'absence de son chef Andrew Scheer - lequel doit présenter mercredi son plan pour lutter contre les changements climatiques.

Pour sa part, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh voit une contradiction entre l'adoption de la motion « symbolique » sur l'urgence climatique et l'annonce du jour. « Le premier ministre présente une motion sur l'environnement symbolique un jour et approuve l'expansion d'un pipeline le lendemain. Ce pipeline ne fera qu'empirer les impacts du changement climatique. Cette décision démontre que les libéraux ne prennent pas la crise au sérieux et ne respectent pas les droits des Autochtones. », a-t-il pesté pendant la période des questions.

« Nous ne croyons pas seulement aux symboles, nous croyons à l'action », a répliqué la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, s'attirant les railleries des députés des banquettes d'en face.

En matinée, le chef Yves-François Blanchet avait affirmé que si le gouvernement donnait son sceau d'approbation à l'agrandissement de la canalisation, cela démontrerait que le Canada est « un État pétrolier ».

C'est la seconde fois que le gouvernement approuve Trans Mountain. Il l'avait fait en 2016, mais en raison d'une contestation judiciaire, l'Office national de l'Énergie (ONÉ) avait dû refaire l'évaluation en consultant davantage les communautés autochtones.

À l'issue du processus, en février dernier, l'ONÉ a déterminé qu'il était dans l'intérêt public d'aller de l'avant, mais il avait imposé 156 conditions à sa réalisation et formulé 16 recommandations à l'intention du gouvernement fédéral.




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