(Québec) Le président de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration, Guillaume Cliche-Rivard, juge « inexplicable, illogique et insensé » que Québec n’ait accepté en mai que 64 dossiers d’une pile de 18 000 dossiers non traités qui s’étaient accumulés sur ses bureaux au fil des années.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Dans le projet de loi 9 réformant le système d’immigration, Québec propose d’annuler ces 18 000 dossiers qui avaient été déposés avant une réforme du précédent gouvernement libéral et qui devaient être traités selon le principe du premier arrivé, premier servi.

Or, l’article qui proposait d’annuler les dossiers lors du dépôt du projet de loi (et non au moment de son adoption) a été contesté devant les tribunaux. Le gouvernement Legault a finalement été forcé de poursuivre leur traitement le temps que le projet de loi soit adopté par l’Assemblée nationale. Les parlementaires voteront d’ailleurs samedi au Salon bleu sur ce projet de loi alors que Québec a recours au bâillon pour l’adopter avant la fin de la session.

En mai, selon des chiffres obtenus par l’Association des avocats en droit de l’immigration, le ministère de l’Immigration a traité 633 dossiers. De ce nombre, 64 ont été acceptés et 459 ont été refusés, entre autres.

« Avec un taux d’acceptation de 10 % en période de pénurie de main-d’œuvre, alors qu’on sait qu’il y a 120 000 emplois de disponibles au Québec, c’est inexplicable, illogique et insensé. On avait historiquement un taux d’acceptation de 40 %. Rien n’explique ce 10 % », a affirmé vendredi Me Cliche-Rivard.

« Un taux d’acceptation de 10 %, ça n’apporte rien à personne. Tout le monde perd au change avec ça », a-t-il ajouté.

En matinée, vendredi, le premier ministre François Legault a justifié l’utilisation du bâillon pour adopter le projet de loi réformant le système d’immigration pour « le bien de l’économie ».

« On ne peut pas traiter [18 000 dossiers] selon les critères qui existaient à l’époque, parce qu’ils ne répondent pas aux besoins des entreprises », a-t-il affirmé.