Le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) demandent au gouvernement de rendre public le rapport du groupe d’experts sur l’accès à l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes et de tenir des consultations non partisanes sur cet enjeu.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

La Presse a révélé hier que ce comité recommandera à Québec de permettre d’abréger les souffrances « des personnes devenues inaptes à consentir à leurs soins, lorsqu’elles ont préalablement exprimé leur volonté en ce sens ». Une série de conditions devraient être respectées pour que ces malades, atteints par exemple d’alzheimer, puissent obtenir l’aide médicale à mourir.

Marraine de la Loi sur les soins de fin de vie, la péquiste Véronique Hivon considère que le groupe d’experts jette « certaines bases pour un encadrement éventuel qui sont d’intérêt et qui peuvent bien amorcer la discussion que l’on devra avoir sur la question ». Elle n’a pas voulu commenter chaque recommandation, préférant consulter tout le rapport auparavant.

Elle demande à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, de rendre public dès maintenant le rapport, même préliminaire, du comité d’experts, puis le document final dès qu’elle l’aura. « Il faut que tout le monde puisse engager cette discussion très importante sur des bases communes, claires, transparentes et solides », a-t-elle plaidé.

Le cabinet de Mme McCann soutient que le groupe d’experts ne lui a envoyé aucun document jusqu’ici. Il attend le rapport final au cours de l’été.

La Coalition avenir Québec s’est engagée en campagne électorale à tenir des consultations publiques sur un élargissement de l’accès à l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes comme celles souffrant d’alzheimer. Le gouvernement n’a donné aucun détail sur la forme de cette consultation.

« S’inspirer » de la Commission spéciale

Pour Véronique Hivon, « le scénario idéal serait de s’inspirer de la démarche fondatrice de tout ce débat au Québec », la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.

Les travaux de cette commission avaient inspiré la rédaction du projet de loi de Mme Hivon, qui a finalement été adopté sous le gouvernement Couillard en 2014. « Pour la population, une commission de parlementaires donne une caution pour que le débat se fasse de manière la moins partisane, la plus transparente et ouverte », a-t-elle soutenu. Elle n’est pas fermée à d’autres options, par exemple si le gouvernement décidait d’y aller avec le dépôt d’un avant-projet de loi.

Le PQ a « une grande ouverture pour un débat » sur un élargissement de l’aide médicale à mourir, mais ses députés n’ont pas exprimé leur position sur le fond jusqu’ici.

Même chose au PLQ, qui avait initialement donné le mandat au groupe d’experts. « On est ouvert à la discussion sur cet enjeu sociétal majeur, et c’est la raison pour laquelle on avait commandé un rapport », a indiqué son porte-parole en matière de santé, André Fortin.

Il veut que le gouvernement rende public le rapport final, puis que des consultations se tiennent en commission parlementaire, avant le dépôt de tout projet de loi. « Avec un dossier comme celui-là qui a tellement d’implications et de répercussions sur la vie et la mort des gens, il faut prendre l’opportunité de faire le débat dans un contexte qui est non partisan, comme dans le dossier mourir dans la dignité », a-t-il fait valoir.