(Ottawa) La saignée qu’ont encaissée les libéraux de Justin Trudeau dans les intentions de vote au pays dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin atteint maintenant le Québec.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Voilà l’une des conclusions qui se dégagent du dernier sondage national Angus Reid mené auprès de 4268 Canadiens entre le 28 mai et le 4 juin.

Si le Québec était demeuré un bastion pour le Parti libéral du Canada depuis les élections de 2015 – même au plus fort de la controverse provoquée par l’affaire SNC-Lavalin au début février – il appert maintenant que la donne a changé. À moins de cinq mois des prochaines élections fédérales, les libéraux ne peuvent rien tenir pour acquis, même au Québec.

À l’échelle nationale, le Parti conservateur arrive en tête avec 37 % des intentions de vote et détient ainsi une avance de 11 points de pourcentage sur le Parti libéral (26 %). Le NPD est bon troisième avec 15 % et il se fait de plus en plus chauffer par le Parti vert, qui récolte 12 % des appuis à l’échelle du pays.

Au Québec, où 535 répondants ont été sondés, le Parti conservateur arrive au premier rang avec 28 % des appuis tandis que le Parti libéral est bon deuxième avec 26 %. Le Bloc québécois obtient pour sa part 20 % des intentions de vote alors que le NPD glisse au quatrième rang avec 13 % des appuis. Le Parti vert voit ses appuis s’établir à 9 %.

Selon Angus Reid, les libéraux de Justin Trudeau détiennent une large avance dans la grande région de Montréal, où ils récoltent 37 % des intentions de vote contre 17 % au NPD, 16 % au Parti conservateur et 16 % au Bloc québécois. Le Parti vert obtient quant à lui 10 %.

Mais dans le reste de la province, les appuis aux troupes d’Andrew Scheer bondissent à 32 %, soit 10 points de pourcentage de plus que les libéraux et le Bloc québécois, ex æquo à 22 %. Le NPD n’est plus l’ombre de lui-même en région, ne recueillant que 11 % des appuis contre 8 % au Parti vert.

Ces résultats font en sorte que le Parti conservateur mène désormais dans toutes les régions du pays, également en Ontario, une province hautement courtisée par l’ensemble des formations politiques en raison du nombre de sièges qu’elle compte à la Chambre des communes (121). Dans cette province, l’écart entre le Parti conservateur et le Parti libéral est mince, soit 2 points de pourcentage (34 % contre 32 %). Cet écart est toutefois dans la marge d’erreur (plus ou moins 2 %, 19 fois sur 20).

Selon Angus Reid, les appuis des libéraux demeurent élevés dans les grandes villes, mais ils s’effondrent dans les banlieues et dans les régions. Outre le Parti conservateur, le Parti vert est celui qui profite le plus des déboires des libéraux pour le moment.

Mince consolation, le deuxième choix des électeurs qui disent appuyer le NPD ou le Parti vert est le Parti libéral. Le défi pour les troupes de Justin Trudeau est obtenir de nouveau l’appui de ces électeurs qui l’ont déserté au cours des derniers mois.