(Ottawa) Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer propose de doter le Canada d’un véritable « corridor énergétique » qui relierait les provinces d’est en ouest et qui serait réservé pour les grands projets d’infrastructures liés au secteur de l’énergie tels que les oléoducs et les lignes de transport d’électricité.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Ce corridor serait établi de concert avec les provinces et les peuples autochtones et permettrait de réduire les impacts environnementaux tout en réduisant les coûts des évaluations environnementales, a soutenu le chef conservateur jeudi dans un discours devant l’Economic Club de Toronto portant sur l’économie et la gestion des finances publiques.

Selon M. Scheer, un tel corridor permettrait aussi de rassurer les investisseurs au pays et à l’étranger au sujet de la viabilité des grands projets de nature énergétique.

L’idée d’établir un corridor énergétique a déjà été évoquée dans le passé par certains experts et même l’ancien greffier du Conseil privé, Kevin Lynch. Mais aucun parti politique n’a à ce jour pris l’engagement d’en faire une priorité s’il forme le gouvernement.

« Tout cela serait fait de manière à respecter mon objectif de faire en sorte que le Canada fasse sa part dans la lutte contre les changements climatiques en réduisant ses émissions globales », a affirmé M. Scheer.

Dans son discours, M. Scheer propose aussi que le Canada soit autosuffisant sur le plan énergétique au plus tard d’ici 2030 en remplaçant le pétrole importé des États voyous par du pétrole canadien. À cet égard, il a cité l’exemple des États-Unis, qui ont réduit de façon marquée les importations de pétrole en augmentant leur production domestique.

« Le Canada a plus qu’assez de pétrole, non seulement pour remplacer les importations des États voyous, mais pour mettre fin aux importations de pétrole étranger une bonne fois pour toutes. Ça fait partie de ma vision : un Canada alimenté exclusivement par les Canadiens et les Canadiennes d’ici 2030. Un Canada indépendant sur le plan énergétique serait un Canada qui fonctionne à plein régime — dans l’ensemble des secteurs et des régions. Si les États-Unis peuvent le faire, nous pouvons le faire », a-t-il lancé à son auditoire.

S’il est élu premier ministre, aux élections du 21 octobre, Andrew Scheer promet de réduire les dépenses du gouvernement fédéral afin de rétablir l’équilibre budgétaire, mais sans mettre la hache dans les paiements de transfert aux provinces et sans augmenter le fardeau fiscal des contribuables. Il compte y arriver en ralentissant notamment la croissance des dépenses. Sous sa houlette, chaque nouvelle dépense devra être financée en trouvant des économies équivalentes au sein du budget du gouvernement fédéral.

« Les familles vivent selon leurs moyens. Le gouvernement doit aussi le faire », a-t-il dit.

Il propose aussi d’abolir la Banque d’infrastructure mise du pied par le gouvernement Trudeau dont le mandat est de financer de grands projets d’infrastructures.

Ce discours est le deuxième d’une série de cinq allocutions que compte prononcer le chef conservateur d’ici la fin juin afin de préciser les intentions d’un futur gouvernement conservateur dirigé par Andrew Scheer. Le premier discours a été prononcé la semaine dernière à Montréal et il portait sur les affaires étrangères et la politique de défense.

Les trois autres discours porteront sur les thèmes de l’immigration, les relations intergouvernementales ainsi que l’environnement et les changements climatiques.