Sainte-Marthe-sur-le-Lac aura une nouvelle digue, plus haute que celle qui a été détruite, a annoncé ce vendredi le gouvernement du Québec.

SIMON-OLIVIER LORANGE LA PRESSE

C'est le ministre de l'Environnement Benoît Charette qui en a fait l'annonce au cours d'un point de presse. Il a spécifié que, dans un premier temps, des réparations seraient apportées afin de solidifier de manière durable la digue existante, colmatée après avoir cédé le 27 avril dernier. L'inondation monstre qui s'en est suivie a forcé des milliers de résidants à dû fuir leur maison.

Ces réparations devraient être prêtes « en prévention des crues du printemps 2020 ».

M. Charette a aussi annoncé qu'une nouvelle digue répondant aux « standards d'aujourd'hui » serait construite. Il n'a essentiellement fourni aucun détail additionnel quant à cette nouvelle digue, si ce n'est qu'elle serait plus haute que l'actuelle.

Ses dimensions exactes sont toujours inconnues, selon lui, tout comme le budget qui sera alloué à ces travaux. Bien que le gouvernement promette son « soutien » financier et logistique au chantier, le ministre n'a pas spécifié quelle sera l'ampleur de la contribution de Québec sur la facture finale. On n'en a pas appris davantage sur les matériaux qui seront préconisés.

M. Charette a précisé qu'il s'était prévalu d'une disposition de la Loi sur la qualité de l'environnement lui permettant d'accélérer des décisions. Le feu vert à la nouvelle digue a donc été donné sans que ne soit mené un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, par exemple. Le député de Deux-Montagnes a justifié cette mesure par « l'urgence d'agir » du moment.

Il a aussi affirmé que cette décision était la première du « groupe d'action » créé par le premier ministre François Legault. Deux autres ministres du cabinet - Andrée Laforest, aux Affaires municipales, et Sylvie d'Amours, responsable des Laurentides - ont d'ailleurs participé au point de presse.

Niant que le gouvernement s'était montré hésitant devant la possibilité de reconstruire ou non la digue, comme La Presse l'avait pourtant rapporté la semaine dernière, M. Charette a souligné que cette décision constituait à ses yeux le seul scénario viable ; autrement, « des milliers de personnes auraient dû être délocalisées ».

Les larmes aux yeux, la mairesse de Sainte-Marthe Sonia Paulus a témoigné de sa « satisfaction » devant cette annonce de Québec, la qualifiant d'« avancée majeure pour la sécurité du territoire ». Elle a également rendu hommage à ses concitoyens.

« Nous sommes résilients, a-t-elle dit. Dans les moments les plus sombres, leur appui fait du bien. »

- Avec la collaboration de Martin Croteau