Des élus fédéraux convoquent les grands patrons de Facebook, Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg, à une rencontre internationale sur la protection des renseignements personnels qui se tiendra à Ottawa le 28 mai prochain.

Mélanie Marquis
La Presse

Le président du comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique, le conservateur Bob Zimmer, a envoyé des cartons d’invitation à Facebook Canada ainsi qu’aux deux dirigeants.

Mais il ne se berce pas d’illusions : « Mark Zuckerberg a ignoré à maintes reprises l’invitation de notre comité à témoigner en personne au sujet de la façon dont sont traités les renseignements personnels des Canadiens sur sa plateforme », a-t-il déclaré.

Le député néo-démocrate Charlie Angus a été encore plus cinglant dans le communiqué publié par le comité, jeudi après-midi, accusant Facebook de se comporter en mauvais citoyen corporatif.

« Le mépris de Facebook pour les droits des citoyens canadiens et sa prétention selon laquelle le Canada n’a même pas le pouvoir d’appliquer sa propre législation sont sans précédent », a-t-il pesté.

Le géant américain s’est fait reprocher son laxisme en matière de gestion des données personnelles fin avril dans un rapport conjoint du commissaire à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, et de son homologue britanno-colombien, Michael McEvoy.

Car si Facebook a « publiquement reconnu avoir commis un important bris de confiance dans l’affaire Cambridge Analytica », elle « conteste les conclusions de l’enquête et refuse de mettre en place nos recommandations », avait dénoncé M. Therrien.

Un porte-parole de l’entreprise n’a pas voulu dire clairement à La Presse si l’invitation du comité était acceptée. « Au cours de la dernière année, nous avons pris part à de nombreuses rencontres à travers le monde », a dit la personne qui a requis l’anonymat.

« Nous travaillerons avec le comité pour nous assurer que Facebook est représenté de manière appropriée lors de la rencontre du 28 mai », a ajouté le représentant de l’entreprise dans un courriel.

Le grand comité international sur les mégadonnées, la protection des renseignements personnels et la démocratie accueillera à Ottawa des représentants d’au moins 10 pays, dont le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni, Singapour et l’Ukraine.

Le comité parlementaire canadien a essayé à de nombreuses reprises de convoquer Mark Zuckerberg, parfois en unissant ses forces avec des comités d’autres pays. La démarche n’a jamais fonctionné.