(Ottawa) Justin Trudeau a été surpris par un accueil hostile à une assemblée publique tenue à l’Université Carleton à Ottawa, vendredi après-midi. Aussitôt arrivé sur scène, le premier ministre a été interrompu par deux étudiants qui se sont levés de leurs sièges au premier rang.

Lina Dib
La Presse canadienne

La jeune femme et le jeune homme se sont identifiés comme des participants à la grève étudiante pour le climat et s’en sont pris à plusieurs élus, dont les premiers ministres provinciaux Jason Kenney et Doug Ford.

«Nous ne cesserons pas de faire la grève tant que nos dirigeants provinciaux ne commenceront pas à traiter les changements climatiques comme une urgence», ont-ils prévenu.

Ils n’ont pas épargné le premier ministre Trudeau non plus.

À tour de rôle, en anglais et en français, ils lui ont reproché de ne pas en faire assez pour lutter contre les changements climatiques.

«Nous sommes tous en grève parce que l’inaction va nous tuer», ont-ils déclaré, s’affichant solidaires de leurs camarades grévistes à Vancouver, Toronto et Montréal.

«Je suis en grève parce que vous nous avez amenés ici pour nous écouter, mais vous n’agissez pas», a repris le jeune homme, faisant écho à sa compagne, et réclamant la fin des pipelines.

Après lui avoir servi leur liste de remontrances, les deux jeunes ont dit au premier ministre qu’ils se sentaient «utilisés» et préféraient ne pas poursuivre leur participation dans l’activité publique organisée dans le cadre du Sommet jeunesse du Canada.

Le premier ministre, qui leur avait passé le micro et les avait écoutés, s’est alors contenté de reprendre l’échange avec l’assemblée comme le prévoyait le scénario préétabli, sans répondre à leurs revendications.

Les questions qui sont venues de l’assemblée par la suite ont été beaucoup moins provocantes. Les jeunes ont parlé de réforme électorale, de santé mentale, de droits des transgenres et du sort réservé aux Autochtones, entre autres.