(Québec) Relégué à la région de Montréal, le Parti libéral du Québec veut avoir le son de cloche des régions. Son prochain directeur général sera de Québec, et ce sera une femme.

Denis Lessard Denis Lessard
La Presse

Députée battue dans Chauveau le 1er octobre dernier, Véronyque Tremblay aura le contrôle administratif du PLQ ; sa nomination sera confirmée dans les prochains jours. Mme Tremblay et une poignée d’autres élus défaits aux dernières élections faisaient une campagne discrète pour obtenir le poste – l’ancien élu libéral de Vanier, Patrick Huot, avait, lui, exprimé publiquement son intérêt. Stéphane Billette, ex-ministre battu, avait lui aussi fait circuler son nom, mais c’était avant qu’André Fortin, député de Pontiac, ne se désiste comme candidat à la succession de Philippe Couillard.

Long processus

Le choix d’un directeur pour le PLQ intervient après un long processus. La démarche avait été amorcée au début du mois de février. La fin des candidatures tombait un mois plus tard. Pendant un moment, les décideurs politiques avaient la conviction qu’Olivier Parent, l’ex-chef de cabinet de Pierre Moreau, serait sur les rangs. Son désistement a retardé le processus.

Mme Tremblay avait été ministre déléguée aux Transports durant la dernière année du mandat de Philippe Couillard. Sa chef de cabinet était alors Véronique Normandin, devenue l’automne dernier chef de cabinet du chef intérimaire, Pierre Arcand.

Son élection dans Chauveau en juin 2015 avait été une très bonne nouvelle pour le PLQ. Elle avait ravi une circonscription sûre pour la CAQ, l’ancien fief de Gérard Deltell. De surcroît, elle avait battu une candidate vedette de François Legault, l’ex-journaliste de TVA Jocelyne Cazin.

Originaire de Jonquière, Mme Tremblay est un visage connu des téléspectateurs. Elle a été chef d’antenne à LCN et à TVA de 2003 à 2011. Elle a fait de la radio à Québec par la suite, et a été chroniqueuse au Journal de Québec de 2014 jusqu’à son élection. Son adhésion au PLQ avait surpris à l’époque – ses prises de position publiques étaient plus proches de la CAQ.

Congrès au leadership

Au PLQ, on a procédé à un sondage pour avoir l’opinion des associations de circonscription sur le moment le plus opportun pour un congrès au leadership ; tout le monde penche pour 2020, mais la question reste pendante entre le printemps et l’automne. Le PQ vise aussi 2020. Des libéraux influents s’inquiètent d’un congrès hâtif qui ne permettrait pas de convaincre plusieurs candidats. Jusqu’ici, seules Dominique Anglade, l’ex-ministre de l’Économie et Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent, semblent intéressées.

Le PLQ, qui a déjà eu plus de 100 000 membres dans les années 80, compte autour de 30 000 membres actuellement. Les jeunes, qui auront un poids important pour le choix du prochain chef, sont actuellement moins de 2000. Au conseil général du début du mois de mai, les délégués libéraux auront aussi à définir les règles du financement de la course.