(Québec) Pressé d’avancer avec ses promesses électorales, le gouvernement Legault a sauté une étape pour enclencher immédiatement le projet de troisième lien entre Québec et Lévis. Le gouvernement ne s’est pas préoccupé de «l’opportunité» de réaliser ce méga projet.

Denis Lessard Denis Lessard
La Presse

C’est ce qui ressort d’un long échange survenu jeudi entre le ministre des Transports, François Bonnardel et le député libéral de La Pinière, Gaétan Barrette. Le projet de troisième lien a été inscrit directement au niveau de la planification au Plan québécois des infrastructures. Or, normalement on doit s’interroger sur l’utilité, «l’opportunité» de réaliser un projet avant de l’inscrire au PQI.

Pour M. Bonnardel, le gouvernement respectait les règles pour ce projet. Une disposition prévoit que l’on peut débloquer des projets plus rapidement, ce fut le cas par exemple pour la décision de remplacer le tablier du pont Laviolette à Trois-Rivières, une facture de 100 millions.

Pour le député Barrette, toutefois, les deux dossiers ne peuvent être comparés. Le pont de Trois-Rivières existe, il fallait le réparer, personne ne s’interroge sur cette nécessité. Le projet de troisième lien, en revanche, est controversé et il favorisera l’étalement urbain et les émissions de GES. L’ancien ministre libéral n’a pas eu de réponse claire quand il a demandé si le conseil des ministres avait agi en tablant sur un mémoire, comme c’est l’usage, avant de prioriser le projet. Restant vague, M. Bonnardel a soutenu que le gouvernement avait eu tous les documents nécessaires pour arrêter sa décision. Il a attaqué le gouvernement Couillard qui savait depuis trois ans que le pont de l’Ile-d’Orléans nécessitait d’importants travaux d’entretien.

Selon les évaluations, il en coûtera entre 4 et 10 milliards pour ce lien direct entre Beauport et Lévis, en passant par la pointe de l’Ile-d’Orléans.