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Industrie du taxi: nouvelle offre, nouveau rejet

Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a fait une nouvelle offre au monde du taxi lundi matin dans l'espoir de calmer la grogne des détenteurs de permis. Peine perdue: à peine déposée, cette offre de 270 millions supplémentaires a été rejetée du revers de la main par les représentants de l'industrie.

«Encore une idée pour protéger #Uber et faire payer le consommateur. #taxi», a réagi leur porte-parole Abdallah Homsy sur Twitter pendant la conférence de presse du ministre, à Montréal.

En quoi consiste cette nouvelle offre?

Le ministre Bonnardel propose d'amender le projet de loi 17, déposé en mars, pour imposer aux clients une redevance de 90 sous sur chaque course de taxi, pendant cinq ou six ans, afin de constituer une cagnotte de 270 millions. Le but est de rembourser complètement le prix payé pour l'achat du permis de taxi, qu'il soit de 35 000 $, 120 000 $ ou 250 000 $.

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Le ministre des Transports, François Bonnardel.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

À combien se chiffre l'aide gouvernementale?

Ces 270 millions s'ajoutent aux 500 millions déjà annoncés par l'ancien gouvernement libéral et l'actuel gouvernement caquiste pour indemniser les chauffeurs de taxi affectés par le projet de loi 17 qui abolit les permis obligatoires. Selon le ministre Bonnardel, l'aide financière à l'industrie du taxi atteint maintenant 814 millions, incluant un fonds de 44 millions provenant de redevances versées par Uber depuis 2017. 

«Pour être bien clair, un propriétaire de permis de taxi qui aurait, par exemple, payé un permis 90 000 $, recevrait à terme des aides financières totalisant 90 000 $», a affirmé le ministre Bonnardel, qualifiant sa proposition de «responsable». «Et cela sera le cas pour tous les titulaires de permis de taxi, partout au Québec.»

Cette offre bonifiée fait-elle des heureux?

Oui, l'augmentation de la redevance fait des heureux, mais elle fait aussi des mécontents. Ceux qui ont acheté leur permis dans les dernières années et qui ont payé le prix fort vont récupérer leur mise. Par contre, ceux qui ont acheté leur permis il y a de très nombreuses années à un faible prix perdront la plus-value sur laquelle ils comptaient et qui constituaient souvent l'équivalent de leur fond de pension.

Wanèse Dort, propriétaire d'un permis de taxi payé 150 000 $ en 2014, fait partie des heureux. «Oui, ça fait mon affaire», nous a-t-il dit, assis dans sa voiture Diamond, devant les bureaux du ministère des Transports, au 500, boulevard René-Lévesque Ouest. «Et je sais que je ne suis pas le seul.»

Le porte-parole de l'industrie du taxi, Abdallah Homsy.... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE) - image 3.0

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Le porte-parole de l'industrie du taxi, Abdallah Homsy.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Pourquoi l'industrie rejette-t-elle cette proposition?

«Notre position est simple: le ministre ne nous a pas fait de proposition. Il n'y a pas eu de discussion», a répondu leur porte-parole Abdallah Homsy à La Presse. «On ne savait même pas qu'il allait s'adresser aux médias. On trouve ça plate cette façon de faire. Et on n'est pas d'accord avec le fait que ce soit le client qui paye. Les consommateurs n'ont pas à faire les frais de cette politique.»

Pour M. Homsy, l'offre de M. Bonnardel «va quand même tuer l'industrie du taxi pour faire plaisir à Uber».

À quoi s'attendre pour la suite des choses?

Au cours des prochains jours, les représentants de l'industrie ont l'intention de consulter leurs membres pour décider des actions à prendre. «On est toujours ouverts au dialogue», a précisé M. Homsy.

De son côté, le ministre des Transports a fait savoir que le gouvernement allait continuer de travailler avec les représentants de l'industrie et les chauffeurs dans le cadre des travaux parlementaires sur les autres propositions du projet de loi. «Notre intention est bien connue, a dit M. Bonnardel: moderniser les services du taxi traditionnel et encadrer les transports sur demande par application mobile au bénéfice des usagers.»

EN CHIFFRES

6270: nombre de personnes ou de sociétés qui détiennent des permis de taxi.

7500: nombre de permis de taxi transférables. À ce chiffre s'ajoutent 301 permis de limousine.

10 millions: fonds spécial créé pour aider «des cas particuliers».

44 millions: fonds pour soutenir la modernisation de l'industrie du taxi traditionnel. Ce montant provient des redevances versées par Uber depuis 2017.

814 millions: aide financière totale pour indemniser les détenteurs de permis de taxi.

50 millions: nombre de courses de taxi effectuées par année au Québec. De ce nombre, 40 millions sont faites par l'industrie traditionnelle. La réforme prévoit que les chauffeurs de taxi seront les seuls à pouvoir offrir une course demandée par téléphone, à un poste d'attente ou hélée sur la rue.




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