(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau devra s’entourer de davantage de Québécois afin de démontrer qu’il est à l’écoute des besoins de la province, estiment plusieurs de ses députés.

Publié le 7 nov. 2019
Catherine Lévesque La Presse canadienne

Pour ce faire, il pourrait être tenté de nommer un lieutenant politique pour le Québec.

Lors d’une mêlée de presse, jeudi, M. Trudeau a confirmé que cette option « fait partie des réflexions » entreprises par ses députés et les candidats défaits lors de leur première rencontre à Ottawa depuis l’élection.

« On n’a pas pris de décision précise encore, mais vous allez tout savoir évidemment le 20 novembre », a lancé M. Trudeau, en référence à la date prévue pour la présentation de son conseil des ministres.

Ses députés québécois, quant à eux, n’ont pas voulu faire part de leurs opinions personnelles quant à la nécessité d’un lieutenant québécois.

« Il faut renforcer la présence de Québécois ici à Ottawa, dans les cercles décisionnels, et ça va se faire », fait valoir le ministre Pablo Rodriguez, réélu dans la circonscription montréalaise d’Honoré-Mercier.

Questionné au sujet de la façon dont cela devrait se faire, M. Rodriguez répond qu’il « laisse ça entre les mains du premier ministre ».

« Toutes les idées, toutes les options doivent être discutées », a laissé tomber son collègue Jean-Yves Duclos, réélu dans la circonscription de Québec.

Le député Anthony Housefather a pour sa part émis des doutes.

« Je ne suis pas certain de la nécessité (d’un lieutenant politique du Québec). Le premier ministre vient du Québec, il est là à notre caucus du Québec, il est présent, toujours », a-t-il dit.

Les libéraux ont fait élire 35 députés québécois à la dernière élection, soit cinq de moins qu’en 2015. S’ils ont fait des gains à Montréal, ils ont perdu des sièges à l’extérieur de l’île aux mains du Bloc québécois.

Les élus et ministres hors Montréal admettent qu’ils devront reconnecter avec les régions.

« Oui, c’est très montréalais comme parti », concède Diane Lebouthillier, réélue dans Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine après une chaude lutte avec son rival bloquiste.

Sans aller aussi loin que sa collègue, François-Philippe Champagne admet qu’il y a une « dichotomie qui est en train de se dessiner entre les milieux urbains et les régions ».

Il pense que son parti devra faire preuve d’« humilité » et « rassembler » avec des enjeux qui sont importants pour les régions plus éloignées.

M. Trudeau a fait appel à deux femmes — Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, et Anne McLellan, ancienne vice-première ministre libérale — afin de le conseiller sur la formation de son gouvernement minoritaire dans le contexte d’un Canada divisé.

Mme Hudon, femme d’affaires québécoise, et Mme McLellan, ex-élue albertaine, l’aideront à reconnecter avec le Québec et l’Ouest canadien.

M. Trudeau devrait également tenir des conversations avec les chefs des partis d’opposition la semaine prochaine. C’est à la suite de ces conversations qu’il décidera si la Chambre des communes sera rappelée avant le temps des Fêtes.