(Québec) Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, se dit «surpris» par l’ampleur des demandes salariales déposées par les syndicats jusqu’ici.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

«Je trouve que c’est beaucoup», a-t-il commenté lors d’une mêlée de presse mardi. Les demandes «sont très grandes».

La Fédération autonome de l’enseignement venait de déposer ses demandes visant une restructuration complète des échelles salariales des professeurs.

L’augmentation serait de 11,3% dès 2020 pour le dernier échelon, qui passerait de 82 550 $ à près de 92 000 $.

Selon la proposition de la FAE, les six premiers échelons seraient abolis – un engagement électoral du gouvernement Legault.

De plus, le syndicat demande des augmentations annuelles de 3% sur une période de trois ans, y compris pour 2020.

De son côté, la Fédération syndicale de l’enseignement, affiliée à la CSQ, demande un total de près de 19% en trois ans.

Dans le secteur de la santé, la FIQ et l’APTS réclament 21,6% sur la même période.

«On est peut-être surpris du quantum, mais qu’il y ait des demandes différentes aussi importantes entre les centrales, ça aussi, il faut le noter», a déclaré Christian Dubé.

Pour la première fois depuis au moins 20 ans, il n’y a pas de front commun syndical pour le renouvellement des conventions collectives des travailleurs de l’État. M. Dubé ne s’étonne pas de cette réalité, dans la mesure où le gouvernement a fait savoir il y a quelques mois qu’il n’entendait pas «faire du mur-à-mur», qu’il ne voulait pas offrir les mêmes augmentations à tous.

Le premier ministre François Legault a déjà indiqué que les hausses salariales seront limitées à l’inflation, sauf pour quelques exceptions comme les préposés aux bénéficiaires et les enseignants en début de carrière.

«Quand on a dit qu’on ne voulait pas faire de mur-à-mur, c’est parce qu’on est conscient que dans certains secteurs comme la santé et l’éducation, il y a des aménagements différents à faire. Je sais que ça ne sera pas facile. On n’a pas pris le chemin facile en disant qu’on ne voulait pas faire du mur-à-mur».

Le dépôt des demandes syndicales se poursuit jusqu’à la fin du mois. Québec présentera officiellement son offre par la suite.