Si les chefs Elizabeth May, du Parti vert du Canada, et Yves-François Blanchet, du Bloc québécois, pourront se qualifier pour participer aux deux principaux débats des chefs d’octobre prochain, rien n’est encore gagné pour Maxime Bernier, du Parti populaire du Canada, qui ne sait toujours pas s’il obtiendra son laissez-passer.

Mis à jour le 1er août 2019
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

La Commission aux débats des chefs a annoncé hier que c’est le Partenariat canadien pour la production des débats (PCPD) – une vaste coalition de médias dont fait partie La Presse – qui a été sélectionné pour assurer la production, la promotion et la distribution de deux débats, l’un en anglais et l’autre en français, les 7 et 10 octobre.

La commission indépendante, mise sur pied l’automne dernier pour mieux encadrer cet exercice névralgique, n’a cependant pas encore tranché sur la façon dont elle « interprétera » les trois critères établis par le gouvernement en ce qui concerne la participation des chefs des partis politiques aux débats.

On se penche justement sur cette question-là, on a consulté largement, y compris les partis politiques.

Michel Cormier, directeur général de la Commission aux débats des chefs

La décision doit être communiquée dans les prochaines semaines, a-t-il également précisé, sans vouloir se prononcer sur la participation possible d’élus en particulier.

Pour être invitée au débat, la formation politique doit répondre à au moins deux des trois critères, notamment être représentée par un député à la Chambre des communes ayant été élu sous la bannière de ce même parti et être en mesure de présenter des candidats dans 90 % des circonscriptions à l’échelle du pays en vue du scrutin.

Ces deux premiers critères ne laissent pas de place à l’interprétation, mais le troisième est moins tranché. Il faut que la formation ait obtenu au moins 4 % du nombre de votes valides lors de l’élection précédente ou que les candidats du parti politique aient « une véritable possibilité d’être élus lors de l’élection générale en cause » compte tenu, entre autres, « du contexte politique récent et des sondages d’opinion publique ».

Présence « essentielle », plaide le PPC

C’est à ce dernier critère que se rattache la formation de Maxime Bernier pour avoir la possibilité d’aller débattre. « On attend la décision de la commission », a expliqué à La Presse le porte-parole du nouveau parti politique, Martin Masse. Le Parti populaire du Canada a déjà confirmé 307 candidats à travers le pays.

« Il faut se qualifier au troisième critère. […] On a plaidé que nous correspondons à une option importante avec des chances d’être élus », a soutenu M. Masse, faisant valoir une plateforme « différente » que ce qu’offrent les autres.

Je pense que si l’on veut offrir toute la gamme des options aux Canadiens, c’est essentiel que l’on soit là.

Martin Masse, porte-parole du Parti populaire du Canada

Lors de l’élection partielle dans Burnaby-Sud, la candidate du PPC a obtenu 10,6 % des voix, alors que dans celle d’Outremont, la formation a remporté un mince 1,5 % des votes. Les intentions de vote pour le parti de Maxime Bernier varient par ailleurs selon les coups de sonde. Hier, un sondage de Forum Research lui donnait 5 % des votes.

Débat accessible

Le Partenariat canadien pour la production des débats aura la responsabilité que le signal du débat, entre autres, soit accessible gratuitement et qu’il soit diffusé à la télévision, à la radio, sur toutes les plateformes numériques ainsi que sur les médias sociaux pour permettre « la plus grande distribution possible ».

Radio-Canada – CBC, Le Devoir, L’actualité, CTV, Global, le Toronto Star et HuffPost Canada – Québec figurent au nombre des médias partenaires du PCPD.

D’ailleurs, tout ce qui touche le contenu – la formule des échanges, l’animation ou les thèmes abordés – sera élaboré au cours des prochaines semaines par le PCPD. « Ce qui est intéressant, c’est que ça permet à une plus large communauté journalistique de préparer ces débats-là », a fait valoir Michel Cormier.

« Ce qui nous réjouit, c’est d’avoir un tel groupe de médias, d’une telle qualité […] qui s’intéresse à ces débats. Pour nous, c’est fort important parce qu’on est dans une période de désinformation, on ne sait plus parfois à quelle information se fier […] Alors, on aura des débats de qualité diffusés très largement, justement à cause de ce groupe-là », ajoute-t-il.

Les débats devront être traduits en langage des signes et en plusieurs langues autochtones, notamment. L’exercice sera aussi sous-titré au bénéfice des personnes avec un handicap auditif. Les électeurs canadiens seront appelés aux urnes pour élire le prochain gouvernement fédéral le 21 octobre.