Le dossier d’une fugueuse adolescente agressée sexuellement après s’être vu refuser un retour dans son unité de vie de la DPJ a choqué le ministre délégué à la Protection de la jeunesse.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

« Ce qui est arrivé à cette jeune fille est vraiment terrible », a indiqué le cabinet de Lionel Carmant par écrit. « On a pris la bonne décision en mettant sur pied la Commission Laurent ; il est primordial de revoir toutes les sphères de la protection de la jeunesse. »

« On voit encore ici que le système a manqué de moyens trop longtemps », a-t-il continué.

La Presse a révélé ce matin qu’une juge de Longueuil avait blâmé la DPJ de la Montérégie pour avoir manqué à ses devoirs envers Rosalie*, âgée de 14 ans au moment où elle tentait de réintégrer progressivement sa famille, fin juillet 2018.  

Le 27 au soir, elle quitte soudainement la maison. Vers 21 h 10, sa mère avise la DPJ et la police de la fugue. La police ouvre rapidement une enquête de disparition. Vers 22 h 10, d’une cabine téléphonique, Rosalie appelle l’unité du centre jeunesse où elle réside normalement afin de demander de pouvoir y revenir.

L’adolescente essuie un refus : on lui demande plutôt d’appeler ses parents ou de rappeler au centre le lendemain matin.  Le même soir, alors qu’elle est toujours en fugue, « l’enfant se fait aborder par un homme, qui lui dit être agent de sécurité. Elle lui mentionne qu’elle est en fugue. Elle se rend avec lui à [ville inconnue] et est victime d’une agression sexuelle », a relaté la juge Mélanie Roy, qui a rendu sa décision la semaine dernière.

« Le refus de l’éducatrice de lui permettre de revenir au centre alors qu’elle sait que l’enfant est en fugue est incompréhensible et inacceptable, a continué la magistrate. Les conséquences de ce refus sont graves pour l’enfant puisqu’elle est par la suite victime d’une agression sexuelle. »

*Nom fictif