Davantage d’immigrants auront accès à la francisation et ils seront mieux compensés pour se présenter en classe, a annoncé cet avant-midi le ministre de l’Immigration.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Cet élargissement du programme est permis par un investissement supplémentaire de 70 millions décidé par le gouvernement.

« Au Québec, les personnes immigrantes doivent évoluer en français, a dit le ministre Simon Jolin-Barrette en conférence de presse au centre-ville de Montréal. C’est pourquoi nous devons mettre en place le meilleur système possible pour favoriser la francisation. »

Parmi les mesures annoncées :

• L’allocation pour les étudiants en francisation à temps plein passera à 185 $ par semaine (contre 141 $ actuellement)

• Les étudiants en francisation à temps partiel recevront une allocation de 15 $ par jour (contre 0 $ actuellement)

• Les frais de garde de ces derniers seront remboursés à hauteur de 9 $ par jour (contre 7 $ actuellement).

• Les étudiants étrangers et les travailleurs temporaires auront aussi accès à la francisation.

Par ailleurs, tous les Québécois d’adoption auront accès à la francisation, peu importe depuis combien de temps ils sont installés dans la province. Jusqu’à maintenant, seuls les immigrants arrivés depuis moins de cinq ans y avaient droit.

« En donnant la possibilité à toutes les personnes immigrantes de se franciser, nous améliorons leurs chances de se trouver un emploi correspondant à leurs compétences et à répondre aux besoins du marché du travail », a dit le ministre Jolin-Barrette. « L’immigration est l’une des solutions à la pénurie de main-d’œuvre. »

Accueil positif

Des organismes actifs dans le domaine de la francisation se sont dits satisfaits des annonces du ministre, cet avant-midi.

« C’étaient des revendications qu’on faisait depuis de nombreuses années, a fait valoir Pablo Altamirano, directeur de l’Alliance pour l’accueil et l’intégration des immigrations. L’allocation pour les étudiants à temps partiel va aider énormément pour l’assiduité des étudiants : les gens ne pouvaient pas toujours se déplacer à cause du coût des transports. »

Anait Aleksanin, du Centre d’appui aux communautés immigrantes, s’est aussi réjouie de l’annonce. « C’est une très bonne nouvelle. Il y a beaucoup de mesures qu’on attendait depuis longtemps », a-t-elle dit.  

La Fédération des chambres de commerce du Québec a accueilli positivement l’annonce, particulièrement en ce qui a trait aux cours de francisation à temps partiel. « Les nouveaux arrivants pourront mettre leurs compétences à contribution plus rapidement, en plus de mettre en pratique leur apprentissage du français au quotidien, avec leurs collègues de travail », a déclaré le grand patron de l’organisation, Stéphane Forget, via communiqué.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’est montrée plus ambivalente : elle a salué les améliorations annoncées, mais aimerait voir davantage de francisation dans les milieux de travail.

« Il faut que les travailleurs et travailleuses puissent être libérés de leurs tâches pendant les heures de travail afin de pouvoir assister à des cours de francisation tout en étant rémunérés », a indiqué la centrale syndicale dans un communiqué. « C’est un gros pari que de penser qu’après leur journée de travail, ces travailleurs […] vont être prédisposés à se déplacer pour aller suivre une formation en français. »