(Québec) Après la carotte, le bâton. Alors qu’il s’apprête à verser des bonis pour inciter les médecins de famille à prendre en charge plus de patients, le gouvernement Legault a prévenu vendredi qu’il pourrait imposer des pénalités à ceux qui n’atteignent pas leurs objectifs.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a confirmé qu’elle envisage d’activer certaines dispositions de la loi 20, adoptée par le gouvernement Couillard. Son ministère pourrait ainsi imposer des sanctions financières aux médecins qui ne prennent pas en charge assez de patients.

Ces dispositions n’ont jamais été activées sous le gouvernement précédent, mais Mme McCann se garde la possibilité de le faire si son approche collaborative privilégiée ne donne pas les résultats souhaités.

« On dit aux médecins : vous avez une responsabilité sociale de donner davantage d’accès aux patients, aux citoyens du Québec », a indiqué Mme McCann à son arrivée à l’Assemblée nationale.

Cette déclaration survient deux jours après que la ministre eut annoncé des incitatifs financiers de 50 millions pour inciter les omnipraticiens à travailler davantage. À l’heure actuelle, plus d’un demi-million de Québécois n’ont pas de médecin de famille.

La ministre a dit vouloir prioriser les incitatifs. Mais en dernier recours, elle pourra toujours recourir à l’approche punitive.

« On aimerait mieux ne pas se servir du bâton, on va vous le dire franchement, a-t-elle indiqué. Moi, je pense que les transformations qu’on doit faire dans le réseau, il faut qu’on le fasse en collaboration avec l’ensemble des acteurs. »

À l’heure actuelle, chaque omnipraticien suit en moyenne 900 patients, a indiqué Mme McCann. En Ontario, cette moyenne grimpe à 1500.