(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau a souligné auprès du vice-président Mike Pence la préoccupation de «bien des Canadiens» au sujet de la promulgation de lois restrictives sur l’avortement aux États-Unis.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

En conférence de presse conjointe avec le politicien américain, à Ottawa, jeudi après-midi, le dirigeant canadien a parlé d’une «conversation cordiale» concernant cet enjeu, a-t-il convenu, sur lequel les deux ne s’entendent pas.  

Et le vice-président Pence l’a confirmé. «Je suis très fier de faire partie d’une administration pro-vie», a-t-il tranché lorsqu’on lui a demandé comment il réagissait au fait que son hôte ait abordé le dossier avec lui.

Le premier ministre Trudeau avait assuré à la veille de cette rencontre qu’il allait aborder la question avec son invité, inquiet de constater un recul du droit à l’avortement.

«Je suis très préoccupé par le mouvement conservateur qui commence à retirer les droits des femmes aux États-Unis et ailleurs», a-t-il exprimé en mêlée de presse.

«Je vais certainement parler de ça avec lui», a enchaîné M. Trudeau.

Le vice-président Pence était en visite officielle au Canada pour une première fois, principalement afin de discuter de la ratification du nouvel ALENA.

Son passage survient dans la foulée de la promulgation de lois restrictives sur le droit à l’avortement dans certains États américains.

Le numéro deux de la Maison-Blanche a lui-même fait passer en 2016, alors qu’il était gouverneur de l’Indiana, une loi limitant ce droit.

Un débat ici aussi

Ici même, au Parlement canadien, il est question d’avortement ces jours-ci.

La députée Monique Pauzé a voulu déposer jeudi une motion pour réaffirmer le droit des femmes à disposer de leur corps, mais sa démarche a été bloquée par les conservateurs.

Les députés des autres formations ont néanmoins longuement ovationné l’initiative de l’élue du Bloc québécois.

Dans les banquettes conservatrices, on est resté assis.

«Ils ont montré leur vrai visage maintenant. Ne pas appuyer cette motion-là, ça veut dire qu’ils sont d’accord avec Mike Pence», a réagi Mme Pauzé à La Presse canadienne.

Chez les conservateurs, on accuse les autres formations — les libéraux au premier chef – d’exploiter la question du droit à l’avortement à des fins partisanes.

«Ils utilisent cet enjeu seulement pour nous attaquer», a regretté Erin O’Toole.

Le député a rappelé que son chef, Andrew Scheer, s’est engagé à ne pas rouvrir le débat sur l’avortement si les conservateurs sont portés au pouvoir en octobre prochain.

La porte-parole conservatrice en matière de condition féminine Rachael Harder, qui a participé à une marche antiavortement ce mois-ci à Ottawa, n’a pas voulu commenter.

- Avec La Presse canadienne